[Imc-france-paris] Journees de CHIMERES 7 et 8/12/2002 - La fabrique de l'insecurite
JjMeric
jjmeric at free.fr
Dim 3 Nov 09:33:54 PST 2002
CHIMERES
revue des schizoanalyses
fondée par Gilles Deleuze et Félix Guattari
<http://www.revue-chimeres.org><http://www.revue-chimeres.org/>
Journées de CHIMERES
7 et 8 décembre 2002
au CICP (Centre International de Culture Populaire)
21 ter, rue Voltaire - 75011 Paris - (Métro Boulet-Montreuil)
La fabrique de l'insécurité
L'insécurité et son « sentiment » ont été mis en scène par le rapport
Peyrefitte de 1979. Aujourd'hui, ils sont devenus des enjeux
électoraux et des outils de répression. Le droit à la sécurité offre
désormais un territoire de repli « à la portée de tous » sauf,
précisément, à ceux que ce procédé constitue comme marge : pauvres,
fous, vieux, sans papiers, prostituées, gens du voyage autant dire
les trois quarts de la planète.
La fabrique d'insécurité crée un nouveau champ de subjectivité où il
ne n'est plus tant question de l'autre que d'une forme intime de
peur, un souci de soi. C'est une « machine » qui diffuse un ensemble
d'images et d'affects, de narrations, de savoirs et de pouvoirs, qui
modifient jusqu'à nos modes de penser. En ce sens, le discours
sécuritaire se connecte avec le régime du besoin, de la réelle
exposition de la vie dans la « société du risque ». Il tire sa force
de son nouage étroit avec le fantasme : la tolérance zéro ferait
l'économie de la haine. Il sollicite des formes paradoxales de désir
dont les concepts de « servitude volontaire » ou de « pulsion de
mort » donnent un aperçu. Ainsi, dans le même mouvement, le couple
sécurité/insécurité balaye le champ des possibles jusqu'à ses deux
extrêmes : subjectivités kamikazes surexposées et explosives,
subjectivités de protection porteuses de désir de police ou d'apathie
normopathe.
Comment se fabrique le sentiment d'insécurité et quels dispositifs
inventer pour y résister ? Les journées de Chimères s'efforceront de
répondre à la question du comment-ça-se-passe dans diverses
micropolitiques. Elles croiseront des approches philosophiques,
sociologiques et anthropologiques, esthétiques et cliniques. À
l'intérieur de chacun de ces registres, elles tenteront de donner la
parole à des expériences de terrain constituant des points de
résistance concrets au diktat sécuritaire.
* Samedi 7 décembre
* 9 h. heures : Accueil - Café.
* 9 h. 30 - 12 h. 30 :
La fabrique de l'insécurité dans les mots et dans les choses
Situations/représentations/affects
Atelier animé par Valérie Marange (philosophe Paris VIII)
- Véronique Nahoum Grappe (anthropologue EHESS) : Ce qu'on nomme
comme violence, études de cas.
- Joelle Bordet (psychosociologue) : Les effets de la nomination dans
les situations concrètes, Gennevilliers quelques mois après la Loi de
Sécurité Quotidienne.
- Patricia Birman (anthropologue UERJ) : Violence cordiale et
violence criminelle.
- Emmanuelle Cosse (politiste, revue Vacarme) : Militances de
l'incertitude, l'histoire de Dammarie Les Lys.
* 12 h. 30 - 14 h. : Pause déjeuner dans les bistrots du quartier.
* 14 h. 30 - 17 h. :
Micropolitiques de l'image et du son
Atelier animé par Pascale Criton (compositrice) : interventions -
projections - débats
Les stratégies marchandes de l'image et du son utilisent largement
les ressorts de la peur et de la violence. Pour répondre à la
conquête du grand nombre, les médias et la télévision en particulier
entretiennent des représentations coupées du réel et des
subjectivités : montages avec interventions en direct, reality-show
etc. De nouveaux rapports de pouvoir s'érigent sur la consommation
escomptée de produits multiples et « ciblés » (jeux vidéo,
séries-télé...).
Quelle est la façon dont ces dispositifs travaillent nos corps,
découpent nos vies, surcodent les pulsions ? Quels affects, à la fois
captifs et complices s'y impliquent intimement ? Et inversement,
quels agencements inventons-nous pour parer à cette insistance qui
tend à organiser l'intimité des vies, les manières de percevoir,
d'agir, de sentir ?
La machine abstraite qui secrète aujourd'hui l'insécurité est le
produit d'un agencement complexe impliquant demande (attente,
besoin), production de subjectivité et offre (intérêts financiers,
stratégies marchandes).
- Jean Claude Polack (psychiatre, psychanalyste) : Les pulsions,
entre l'offre et la demande.
- Olivier Apprill (journaliste - Arte) : « Com » à la télé : du
molaire au moléculaire.
- Pascale Criton (compositrice) : Manières de percevoir ; la guerre
des affects.
- Jean-Pierre Lentin (journaliste - Nova) : A force de regarder des
choses horribles.
- Philippe Grandrieu (cinéaste - Sombre et La vie nouvelle) : La vie
nouvelle.
* 17 h. : Pause café.
* 17 h. 30 - 19 h. :
Figures du danger
Table ronde : « Moi, Richard Durn... »
- Alain Brossat (philosophe Paris VIII, Revue Drôle d'époque).
- Laurent Guilloteau (sociologue intermittent, responsable d'AC !,
Revue Multitudes).
- Benoit Artaud (journaliste France Culture).
- Edwige Encaoua (psychanalyste).
* Dimanche 8 novembre
* 9 h. 30 - 13 h. 00 :
Violence réelle, violence symbolique
Atelier animé par Jean Claude Polack (psychiatre, psychanalyste)
L'inflation des violences civiles meurtrières, qu'elles soient
collectives (massacres ethniques, génocidaires, « terroristes ») ou
individuelles (serial killers, tueries de « forcenés », attentats
contre des élus et des politiques), et les nouvelles alliances,
sacrificielles, des logiques suicidaires avec la destruction
indistincte de « l'ennemi » reposent plus que jamais la question des
relations entre la clinique du psychisme individuel et la psychologie
collective des « masses », des « foules » et des groupes, dans leurs
divers principes d'organisation (nationalistes, religieux,
politiques). Elles exigent sans doute une ré-actualisation de
l'enigmatique concept de « pulsion de mort » dans une double
direction :
- en séparer le jeu des pulsions libidinales et reconnaître son
autonomie et sa complexité ;
- mettre en valeur à nouveau les composantes non destructrices et
leur utilité dans le registre du besoin, du réel et de la survie;
ainsi que leur charge créatrice dans le travail thérapeutique et dans
le champ des conflits sociaux et politiques.
En contre-point, serait à questionner à nouveau la notion de la
violence symbolique, à laquelle la psychanalyse peut être appellée à
contribuer notamment dans ses collages avec une dogmatique juridique
qui désigne des « périls symboliques ».
- Franck Chaumon (psychiatre, psychanalyste, collectif Pratiques de
la folie) : Il y a toujours deux crimes.
- Bruno Perreau (politiste) : Faut-il brûler Legendre ? La fable du
péril symbolique et de la police familiale.
- Nathalie Zaltzman, (psychanalyste).
- Jean Claude Polack : Intérêt de classe, désir des masses.
* 14 h. - 16 h. :
Mais où sont donc les fous ?
Atelier animé par Paul Brétécher (psychiatre, psychanalyste)
Dans le contexte actuel de la psychiatrie publique, où la logique
gestionnaire prime sur celle du soin, le temps de penser est sacrifié
au profit de la recherche de solutions.
Que reste-t-il des projets de vie, des problématiques existentielles
face aux protocoles standardisés de soin ?
Comment les soignants réussissent-ils, malgré tout, à préserver des
espaces d'hospitalité, des territoires où il serait possible de
reprendre l'initiative ensemble ?
Soumise elle aussi à la pression paranoïaque du tout sécuritaire,
quels refuges la psychiatrie peut-elle encore offrir sur le terrain
aux patients en dérive ?
- Anik Kouba (psychologue clinicienne, psychanalyste) : Insécurités à
la p'tite semaine.
- Agnès Bertomeu (psychologue, écrivain) : Doutes et certitudes :
comment agissent les idées ?
- Claudie Cachard (psychanalyste) : Des Demeures pour la folie.
- Catherine Liermier (psychiatre) : (titre à venir).
* 16 h. :
Carte blanche à Gérard Follin
Danielle Sivadon (psychiatre, psychanalyste) propose cet hommage
à son copain d'enfance dans les asiles, réalisateur, musicien, mort
il y a un an
Lise Déramond-Follin (réalisatrice) et Daniel Edinger (réalisateur)
présenteront cinq courts films que Gérard a produit dans le cadre de
l'émission Aléas qu'il anima pendant treize ans à FR3. Ce sont de
drôles de petites lucarnes ouvertes sur la folie du monde, cette
insolence dont il riait du fond de son insupportable lucidité. Il
disait toujours : « Je ne suis au chaud que près des fous. Dehors,
c'est affreux ».
- Un inédit de François Ede.
- L'air du temps, de Jean-Luc Blanchet.
- Adèle pour mémoire, de Guy Olivier.
- La draille ou le chemin du rêve de Gérard Martin.
- Eternel Angel ou le génie de la mécanique rurale de Patrick Le Gall.
(En présence des réalisateurs)
Renseignements :
Revue Chimères - 21 ter rue Voltaire - 75011 Paris
Tél : 01 43 48 74 20 - e-mail : secretariat at revue-chimeres.org
Bulletin d'inscription aux Journées de Chimères 2002
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- Inscription tarif normal : 50 euros
- Inscription tarif réduit * : 15 euros
(* Etudiants et chomeurs joindre justificatif)
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