[Imc-france-paris] Fw: Bienvenueà CalleLuna

JjMeric jjmeric at free.fr
Lun 18 Nov 20:42:47 PST 2002


chers tous,

contact avec calle-luna suite à l'appel à Manif spontanée devant 
l'ambassade d'Italie.
Voir proposition ci-dessous de faire une info sur leur site.
Je ne me sens pas mandaté pour faire un papier ;-)
Mais on peut le faire tous ensemble, 
par exemple au rdv de mercredi soir au café de la Réunion
ou bien reporter ça aux alentours du moment - très bientôt - 
où on aura un site et où on s'apprêtera à battre le tam-tam....

Qu'en pensez-vous ?
JJ

PS: http://calle-luna.org/
le joint à ce mail copie de leur dernier bulletin (je viens de m'abonner à 
leur mailing list)

----- Forwarded by Jean-Jacques Meric on 18/11/2002 20:36 -----

calleluna <calle-luna at calle-luna.org> wrote on 18/11/2002 12:17:49:

> 
> 
> Bonjour,
> On serait intéressé par un papier (longueur libre) sur le "retour"
> d'Indymedia, les différents collectifs,... pour notre rubrique
> "Expression" de décembre.
> Tu penses pouvoir le faire, même si tu n'es pas mandaté pour, tu peux
> très bien t'exprimer en ton nom sur le sujet ?
> 
> Corto
> 
---------
1. Nouveauté Calle Luna
________________________


"La Gazette du Dresseur de Mulots"

Nouvelle newsletter ayant pour particularité de s'adresser aux
informaticiens et webmaster.

Première publication : décembre 2002.
Abonnement libre.

Rendez-vous sur le site de Calle Luna pour s'abonner !!!



2. Parano.com
______________


L'Amérique couve un Big Brother
Le projet antiterroriste a été confié au vice-amiral John Poindexter.
Par Pascal RICHE
Libération 15/11/2002

"Les pères fondateurs des Etats-Unis doivent à nouveau se retourner dans
leurs tombes. Au nom de la lutte contre le terrorisme, l'administration
Bush étudie un projet, qualifié par les organisations de défense des
libertés publiques de «folie orwellienne». Une agence du Pentagone est
en train de mettre au point un superordinateur capable de rechercher et
de croiser des informations concernant toute une série d'activités
privées : paiement par carte, abonnement à un journal, dépôt d'argent à
la banque, demande de passeport, achat de billets d'avion, consultation
de sites web, e-mails...

Ce système informatique, baptisé «Total Awareness Information System»
(«système de veille totale»), serait en effet capable de «creuser» dans
les multiples bases de données autour de la planète et de recouper les
informations trouvées. Et tout cela sans avoir même besoin de
l'autorisation d'un juge... Elément aggravant, le projet est confié au
vice-amiral John Poindexter, dont l'éthi que n'est pas légendaire. Dans
les années 1980, alors qu'il était au Conseil national de sécurité, il
avait été l'instigateur de l'affaire dite «Iran Contra» (vente d'armes à
l'Iran et reversement illégal des profits de cette transaction aux con
tras du Nicaragua). Après une première condamnation en 1990, une cour
d'appel avait cassé le jugement, considérant que Poindexter avait, en
acceptant de témoigner devant le Congrès, gagné le droit à l'immunité.
En janvier, Poindexter est discrètement retourné au gouvernement, au
sein de la Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency), l'agence
de recherche appliquée du Pentagone.

Actuellement, les services de renseignements militaires ou civils n'ont
pas le droit d'espionner les activités des Américains, sauf autorisation
expresse donnée par un juge. Mais Poindexter plaide pour un changement
législatif, qui serait glissé dans le projet de loi actuellement soumis
au Congrès."


3. Gari, Action Directe, etc...
_______________________________


Interview de Jean-Marc Rouillan par Hervé MONZAT, La Dépêche du midi
13/11/02 .

Après la libération de Maurice Papon, avez-vous espéré celle pour raison
de santé, de votre compagne Nathalie Ménigon mais aussi de Georges
Cipriani?

La libération de Maurice Papon pour raison de santé a confirmé la nature
éternelle de la justice dans ce pays. " Suivant que vous serez puissant
au misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir... " Les
magistrats se plient aux raisons humanitaires quand il s'agit d'un
criminel de guerre, un grand commis de l'Etat, mais non quand il en va
de la vie du petit voleur et du simple détenu. Et que dire quand il
s'agit d'un prisonnier révolutionnaire, un opposant! Cela fait bientôt
dix ans que les psychiatres de l'HP de Villejuif ont conclu que la santé
de mon camarade 
Georges Cipriani était incompatible avec sa détention. Pourtant il aura 
fallu que nous fassions (avec Joëlle Aubron) près de deux mois de grève
de la faim en 2001 pour qu'il quitte les cachots de la centrale
d'Ensisheim et soit hospitalisé.

Et Nathalie Ménigon?

Nathalie est, quant à elle, toujours détenue, alors qu'elle a déjà subi 
deux graves AVC (accident vasculaire cérébral) et que les médecins 
craignent un troisième qui pourrait lui être fatal. Elle a pratiquement 
perdu l'usage du bras et de la jambe gauches.

Quels sont, aujourd'hui, les contacts que vous avez avec elle? 

Des établissements ont été aménagés pour les détenus mariés à Bapaume et
à Joux-la-Ville, mais les rapprochements sont toujours exceptionnels. De
nombreux couples attendent en vain des années durant. Dans notre cas, 
Nathalie est dans le Pas-de-Calais et moi dans les Bouches-du-Rhône! Par
contre, nous avons la possibilité de nous téléphoner, une demi-heure
tous les quinze jours.

Espère-t-elle une libération pour raison de santé?

Suite à l'affaire Papon, son avocat a engagé une procédure identique.
Mais nous sommes sans illusions. Dans nos dossiers, les commissions 
d'application de peine refusent jusqu'à libérer les détenus ayant
accompli leur peine, alors... imaginez l'un des quatre d'Action directe
sur qui ils ont cristallisé jusqu'au paroxysme leur haine des
combattants révolutionnaires...

Quelles sont vos conditions de détention?

Depuis ma dernière grève de la faim, je suis détenu dans un
établissement qui n'est pas marqué du sceau de l'isolement ou du
disciplinaire. Et sauf quelques contrôles et censures particulières
relevant de ma nature de prisonnier politique, je subis le même régime
que les autres détenus.

Comment résistez-vous à l'isolement? Prenez-vous des médicaments pour
réduire l'angoisse, pourdormir?

Je n'ai jamais pris de " petites pilules roses ", cette camisole
chimique que deale l'administration pénitentiaire dans le seul but de
faire accepter l'inacceptable et de tenter de réduire les taux
dramatiques d'automutilation et de suicide. Ce trafic légal ne fait
qu'empirer le délitement des individus et celui des conditions générales
dans les prisons. Et aggrave la situation de mouroir et de
psychiatrisation dans ce qu'il faut appeler aujourd'hui de simples
éliminatorium.

Certains en ont besoin pour ne pas craquer...

Je ne condamne pas ceux qui ont besoin de ces soulagements. Ils font ce 
qu'ils peuvent face à des conditions inhumaines et destructrices. Pour
ma part, je crois que je n'en ai jamais eu besoin parce que je sais
pourquoi je suis emprisonné et quel est le sens de mon combat. Malgré
tout, je suis libre, ils peuvent faire ce qu'ils veulent, une part de
moi demeure libre car je n'ai jamais désespéré de la lutte pour la
liberté authentique.

Est-ce que la nuit, il vous arrive encore de rêver?

Mes rêves et mes cauchemars de prisonnier... J'essaie de leur donner
forme et de leur tordre le cou dans l'écriture, par exemple dans le
roman " Paul des Epinettes " que je viens de publier ou dans celui qui
sortira prochainement. L'écriture a été un élément de ma résistance face
à la machine aliénante du carcéral. Elle s'est imposée dans le dénuement
des jours et des nuits. Aujourd'hui elle est en moi, en un flot continu,
et elle change ma relation aux matons et aux autres détenus. Je suis
celui qui témoigne, non le témoin de passage, mais celui qui voit et qui
vit, qui dénonce de l'intérieur la terrible machine à broyer les hommes,
la terreur qui doit faire accepter la norme sociale.

Suivez-vous l'actualité et comment?

D'abord, il faudrait s'entendre sur ce qu'est l'actualité et
l'information et ce qu'elle n'est pas, mais pour en rester à la
propagande du système, à la publicité et aux faits divers, je peux vous
affirmer que nous sommes branchés " in live ". A Arles par exemple, sur
chaque coursive, il y a au moins une télé tournant en boucle sur le
canal LCI. Dès qu'il se passe quelque chose, nous sommes aussi vite
informés qu'une rédaction par une dépêche. Pour les journaux, nous nous
payons un bon nombre de quotidiens et d'hebdos, sans doute beaucoup plus
que nous pouvons en lire. Vous voyez, nous sommes presque des citoyens,
finalement nous sommes tout autant intoxiqués par la " Vulgate " et
autres catéchumènes des bien-pensants.

Un peu plus d'un an après les attentats du 11 septembre, quel regard 
portez-vous sur le combat de Ben Laden?

Je sais bien quelle est la confusion régnante, mais quand même, comment 
supposer un instant que je puisse être proche du combat d'un ancien
agent de la CIA, d'un cul béni, d'un féodaliste? Je défends une cause
qui, depuis Auguste Blanqui et peut-être bien avant lui, a toujours été
sans dieu ni maître. Je me fous que ce soit moral, le fait que les
bandes de supplétifs dressés, nourris et armés par les gouvernements
occidentaux pour en finir avec les velléités de libération et de progrès
dans le Tiers Monde et dans les cités et autres bidonvilles, trahissent
aujourd'hui leurs maîtres et les mordent. Par contre ce que je peux
regretter, c'est que pour des foules immenses de miséreux, une part
importante des 90 % de la population mondiale exploitée et opprimée par
les mâchoires de la mondialisation impérialiste, ces personnages soient
devenus les héros des luttes. Qu'ils usurpent ce que doit être le
véritable combat de libération contre la dictature des inégalités
sociales. Dans  ce sens, le système a gagné deux fois. On mesure à cette
fausse alternative entre deux barbaries sanguinaires, le chemin que
devront parcourir les révolutionnaires pour redresser le drapeau des
exploités.

Laguillier/ Besancenot: " Malgré leur frilosité de boutique, ils ne
seront jamais mes ennemis "


Si vous aviez pu voter aux dernières présidentielles, le vote
révolutionnaire c'était qui?

Il existe peut-être un vote utile, un vote défensif, mais il n'y a
sûrement aucun vote révolutionnaire dans une telle situation de
non-droit et de mascarade. Aucun. Le vote révolutionnaire se constitue
dans les rassemblements à la base, les réseaux transnationaux de
résistance, les actions directes des travailleurs et dans les quartiers,
l'opposition consciente, la démocratie directe et les sabotages. La
montée en puissance de la résistance des opprimés est antinomique avec
la sinistrose des farces électorales; même si pour se sentir moins cons,
certains s'y maquillent de rouge vif.

Que représentent à vos yeux Arlette Laguillier et Olivier Besancenot?

Je sais bien que le sectarisme est le sport national du gauchisme, mais 
pour moi, tous deux sont des camarades. Même si je ne suis pas d'accord 
avec leur marchandage permanent, à la limite de la collaboration, comme 
avec leur frilosité de boutique, mais ils ne seront jamais des ennemis
pour cela. Le combat pour notre classe se tresse de milliers de
pratiques différentes et il y a de la place pour tous les
révolutionnaires sincères. 
Par contre, je reproche à ces têtes d'affiche le fait de banaliser les
mots d'ordre révolutionnaires avec leurs discours insipides et de
décolorer le véritable positionnement de classe dans leur acharnement à
se faire reconnaître vizirs des travailleurs à la place du PC.

Beaucoup de révolutionnaires des années 1970 se sont reconvertis 
brillamment dans la politique, les affaires ou le journalisme. Quel
regard portez-vous sur eux?

Je rappellerai cette citation de Brecht, " Quelqu'un qui lutte un jour, 
c'est très bien, quelqu'un qui lutte un mois, c'est formidable,
quelqu'un qui lutte trois ans c'est très rare, mais ceux qui luttent
toute leur vie, ceux-là sont les indispensables ".  Ils ont lutté et ce
fut quelquefois formidable mais aujourd'hui, ils sont rentrés dans le
rang et font carrière. C'est leur problème, non le mien. Je remarque
toutefois combien ceux qui furent en leur temps les pires dogmatiques de
la pensée gauchiste sont restés tout autant dogmatiques, mais
aujourd'hui de la vulgate réactionnaire. Qu'ils appellent aux
bombardements américains ou qu'ils se prétendent encore de gauche! 

Prisons: " Je suis celui qui dénonce de l'intérieur la terrible machine
à broyer les hommes " 

Avec le recul, est-ce qu'il vous arrive de penser que votre destin
aurait pu être différent? Sur quoi tout a basculé dans le  choix de
l'action violente? Des regrets....

Il n'y a point de lutte révolutionnaire sans violence, je l'ai très vite
appris en Mai 68 et durant mes années de lutte contre la dictature 
franquiste. A ces heures d'incendie, nous reprenions à notre compte la 
sentence de Malcolm X, " celui qui refuse la violence peut rayer le mot 
révolution de son vocabulaire ". Soit on est conséquent, soit on se 
complait dans la mascarade. Il n'existe que peu d'alternatives
crédibles. 
Pour ma part, j'ai toujours essayé de rester fidèle à notre engagement, 
dans les moments où nous étions des dizaines de milliers ou lorsque nous
n'étions plus que quelques centaines. Et je crois que je n'ai aucun
regret personnel parce que j'ai préservé cette fidélité et l'honnêteté
qui lui correspond. Je le paye de deux décennies de prison peut-être...
mais je n'étais pas fait pour la trahison et la collaboration. Et je
crois que je l'ai toujours su, depuis la première barricade à l'angle de
la rue des Lois, à Toulouse, et les premières rencontres avec les
anciens guérilleros anti-franquistes. 
La prison, la mort... la mort, la prison... j'irai jusqu'au bout, je
ferai ma part du chemin.

" Le pouvoir ne nous sortira de prison que si l'on abjure. ". 

Vous êtes condamné à perpétuité mais votre peine incompressible arrive à
terme en 2007. Si vous deviez sortir est-ce que le combat continuerait
et sous quelle forme?

Chaque jour de prison est un combat. Notre libération sera un combat
tout aussi sûrement. Le pouvoir ne nous sortira de prison que si l'on
abjure. Pour donner un seul exemple, voici quelques mois, la juge
d'application des peines de la Centrale de Moulins a refusé la remise en
liberté d'un camarade au prétexte qu'il était toujours solidaire de la
lutte du peuple palestinien! Depuis 16 ans, notre détention a été conçue
pour nous briser politiquement, psychiquement et physiquement. S'ils n'y
parviennent pas - et ils n'y parviendront pas - j'ai bien peur que nous
subissions la perpétuité réelle. 



Calle Luna
http://calle-luna.org
La liberté comme base,l'égalité comme moyen,la fraternité comme but




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