[Imc-france-paris] 1erdécembre : dossier de presse
JjMeric
jjmeric at free.fr
Jeu 28 Nov 09:26:38 PST 2002
Chers amis d'Act-up
merci pour votre information.
le collectif Indymedia Paris/Ile-de-France attire votre attention sur la
nouvelle liste de diffusion
imc-france-info at lists.indymedia.org
qui est le lieu le plus approprié pour vos annonces et communications sur
Indymedia
... en attendant le démarrage des sites Indymedia de Nice, Paris et Lille
prochainement.
Y a-t-il d'autres initiatives de ce type ailleurs qu'à Paris ? Nice, Lyon,
Toulouse, Rennes . . . . . .
Merci!
solidarité
imc-france-paris-admin at lists.indymedia.org wrote on 27/11/2002 20:39:26:
>
> Act Up-Paris
>
>
> POLITIQUE SÉCURITAIRE : CATASTROPHE SANITAIRE
> 1er décembre 2002, journée mondiale de lutte contre le sida
> Dossier de presse
>
> Contacts : Victoire Patouillard, Nathalie Mangeot / 01 49 29 44 75
> Jérôme Martin / 06 85 90 08 27
>
>
> Le gouvernement a pris pour cible les prostituéEs, les étrangerEs, les
> usagEres de drogue et les précaires et s¹apprête à leur rendre
impossible
> tout accès à la prévention, à la santé et aux droits sociaux. Ce
recensement
> des catégories " dangereuses " nous est bien connu : ce sont les
minorités
> que nous sommes et que nous défendons en luttant contre le sida. A
chacune
> correspondra bientôt dans le code pénal un arsenal répressif ad hoc. En
> attendant, le gouvernement n¹a qu¹une idée en tête : nous réduire au
> silence.
>
> Pour cela, tous les moyens sont bons : harcèlement policier, diminution,
> voire suppression des subventions allouées aux associations de terrain,
> intimidation exercée à l¹encontre des militantEs et des activistes, etc.
>
> Des prostituéEs se voient confisquer leurs préservatifs et leurs
> traitements, quand elles ne sont pas gazées au lacrymogène avant d¹être
> arrêtées et molestées. Des malades du sida ou de cancers continuent de
> mourir en prison, et les co-détenuEs qui osent témoigner leur solidarité
se
> retrouvent enferméEs au mitard. Des malades en fin de vie sont
condamnéEs
> pour avoir cultivé et fumé du cannabis à des fins thérapeutiques. Des
> toxicomanes se retrouvent sans accès aux soins, à la substitution ou à
des
> droits sociaux, parce qu¹ils ont été arrêtés, ou parce que les
structures
> qui les soutenaient ont fermé, faute de financements. Des étrangEres
malades
> sont maintenuEs sans droit au travail, au logement ou à des minima
sociaux.
> Des malades sans-papiers sont expulséEs dans des pays où ils ne pourront
> plus se soigner.
>
> La santé est incompatible avec la répression. Chirac, Raffarin, Sarkozy,
> Perben ou Mattéi le savent. Ils ont choisi. En 6 mois, ils ont anéanti
des
> années de lutte contre le sida. Ils veulent nous réduire au silence,
même si
> cela doit signifier notre mort.
>
>
> Le 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le sida, manifestez
avec
> Act Up-Paris pour la santé, contre la répression.
>
> Départ à 15 heures, M° Barbès.
>
> Avec le soutien des structures suivantes : Cabiria, Académie Gaie et
> Lesbienne, Sud Education, Observatoire du Droit des Usagers dans les
> institutions sociales, ARAP / Rubis, GISTI, Sol en Si, Action Gay,
> Interassociative Lesbienne, Gaie, Bi et Trans, CLAAAAAAAASH, Etudions
> Gayment, Sud PTT, Gais Retraités, Agir dans le Xème, Actions Traitement,
> PASTT, Turbulences 77, Connexion.
>
>
>
>
> En 2001, 40 millions de personnes sont infectées par le VIH, dont 18,5
> millions de femmes et 3 millions d¹enfants. 3 millions de personnes sont
> mortes du sida cette même année.
>
> En France, 600 personnes sont mortes du sida en 2001. Au 31 décembre
2001,
> 26 000 personnes vivaient avec le sida. Depuis le début de l¹épidémie,
40
> 000 personnes sont mortes en France. On estime à 130 000 le nombre de
> personnes vivant avec le VIH.
> Sourves : ONISIDA 2002, INVS 2002.
>
> MigrantEs
>
> Parmi les nouveaux cas de sida déclarés en 2001, 31 % concernaient des
> patientEs de nationalité étrangère, alors que les étrangEres ne
représentent
> que 6 % de la population générale. La découverte de la séropositivité
est
> plus souvent tardive chez les migrantEs que chez les FrançaiEs : en
2000, 42
> % des malades étrangEres (contre 22 % chez les patientEs françaises) ne
> connaissaient pas leur séropositivité avant d¹avoir contracté une
maladie
> grave.
> Source : INVS 2002.
>
> Ces chiffres témoignent d¹une inégalité inquiétante en terme d¹accès à
la
> prévention, au dépistage et aux soins. La situation est encore plus
> dramatique pour les malades sans-papiers. Inexpulsables, ils et elles ne
> sont pas pour autant régulariséEs, n¹ont pas accès à un revenu, à un
> logement ou à un emploi et bénéficient d¹une protection sociale au
rabais,
> l¹Aide Médicale d¹Etat.
>
> Face à cette situation inadmissible, il faudrait assurer la
régularisation
> de tous les sans-papiers, attribuer à tout sans-papier malade un droit à
un
> minimum social, à un logement ou à un emploi, bref, lutter contre les
> inégalités qui exposent les étrangEres à l¹épidémie.
>
> Le gouvernement a choisi de renforcer ces inégalités. Pour preuve la "
> fermeté " de Nicolas Sarkozy vis-à-vis des demandes des sans-papiers ou
> lors de la fermeture du centre de Sangatte.
>
> UsagerEs de drogues
>
> En 2000, on estimait à 18 500 environ les usagEres de drogues
séropositiVes
> et à 6000 les usagEres vivant au stade sida. Plus de 11 000 usagEres de
> drogues sont mortEs du sida depuis le début de l¹épidémie. A la même
époque,
> on comptait 260 000 usagEres contaminées par le virus de l¹hépatite C
(VHC)
> et 75 000 par le VHB. Aujourd¹hui, 90 % des usagEres de drogue par
injection
> sont contaminéEs par le VHC. 90 % des usagEres séropositiVes au VIH sont
> coinfectées au VHC.
> Sources : INVS 2001, 2000.
>
> La politique de " réduction des risques " a permis la reconnaissance des
> pratiques d¹auto-support et l¹expertise des premiEres concernéEs. Bien
que
> tardive et trop timide, elle a permis de limiter les nouvelles
> contamination, d¹améliorer l¹accès aux soins, de renforcer l¹information
> auprès des usagEres, avec pour conséquence de réduire la mortalité liée
à
> une overdose.
>
> Aujourd¹hui, le gouvernement entend revenir 15 ans en arrière. Il
diminue ou
> supprime les financements accordés aux structures de réductions des
risques
> et d¹accueil des usagers de drogues. Il fait connaître, par la voix de
> Dominique Perben ou du nouveau président de la MILDT (Mission
> Interministérielle de Lutte contre les Drogues et la Toxicomanie), une
> position purement répressive, opposée à la dépénalisation de tout
produit.
> Cette position conduit d¹office les usagEres en prison et exclut tout
débat
> sur les risques que le statut illégal des drogues fait courir aux
> consommateurs.
>
> Le gouvernement a donc choisi de ruiner plus de 10 années de lutte
contre le
> sida et d¹exposer les usagEres de drogues à d¹avantages de
clandestinité,
> donc de prises de risques.
>
> ProstituéEs
>
> La prostitution, qui jusqu¹à présent n¹était pas interdite, est
> officiellement criminalisée par le projet de loi sur la sécurité
intérieure
> de Nicolas Sarkozy, notamment à travers la réintroduction du délit de
> racolage passif. Les effets d¹annonce du gouvernement en la matière ont
> sonné comme un blanc-seing accordé à des pratiques policières d¹un autre
> âge. Il n¹est plus rare que les prostituéEs se voient confisquer leurs
> préservatifs par les forces de l¹ordre. CertainEs seropositiVes se sont
même
> vu confisquer leurs traitements.
>
> Nicolas Sarkozy prévoit par ailleurs l¹expulsion de toute prostituéE
> étrangèrE condamnéE pour racolage, que sa situation soit régulière ou
non.
> Ce n¹est ni plus ni moins que l¹application de la préférence nationale,
> chère à Le Pen, dans le domaine de la prostitution. Dans le même
registre,
> il entend conditionner la remise ou la suspension de peines de
prostituéEs à
> de la délation.
>
> Les prostituéEs sont donc obligéEs de travailler dans une clandestinité
> accrue, en proie à la violence et sans conditions sanitaires correctes.
> RepousséEs dans les endroits les moins visibles, ils et elles n¹ont plus
> accès aux actions de prévention. La prise en charge sanitaire et sociale
est
> réduite à néant.
>
>
> Précaires
>
> L¹épidémie fait son lit sur la précarité. En 2000, seulement 43 % des
> personnes atteintes déclaraient toucher un revenu lié à l¹emploi. L¹AAH
ou
> une pension invalidité représente l¹unique source de revenu pour un
homme
> séropositif sur deux, et pour deux femmes sur cinq. 13 % des personnes
> atteintes n¹ont pas accès à un logement stable.
> Source : Rapport Delfraissy 2002.
>
> Le gouvernement refuse d¹augmenter les minima sociaux. Il préfère
> criminaliser les plus précaires, en introduisant un nouveau délit, la "
> mendicité agressive ". Dans le même temps, il suspend les financements
> accordés à toutes les associations et les structures qui travaillent
dans le
> domaine social.
>
>
> DétenuEs
>
> La prévalence du VIH est de 1,56 % à l¹entrée du milieu carcéral contre
0,5
> % en milieu libre. Celles du VHB et du VHC sont de 2,3 % et de 4,4 % à
> l¹entrée en prison contre 0,2 et 1 % à l¹extérieur. En prison, 90 % des
> personnes infectées par le VIH sont coinfectées en VHC. Ces chiffres ne
> tiennent compte que des dépistages proposés à l¹entrée en prison et sont
> donc en deçà de la réalité carcérale.
> Source : Ministère de la Justice.
>
> Le ministère de la Justice s¹avère incapable de donner des chiffres
réels de
> l¹épidémie dans les prisons : prévalence, mortalité, accès aux
traitements
> d¹urgence, etc. Il n¹hésite même pas à afficher son incompétence dans ce
> domaine. Les quelques chiffres qui percent sont pourtant effarants : 20
> détenus sont morts depuis le début de l¹année à l¹hôpital pénitentiaire
de
> Fresnes, et six sont mourants. Au-delà du sida, unE détenue se suicide
tous
> les trois jours en France.
>
> Au 1er juin 2002, on comptait 54 950 détenuEs pour 45 000 places
effectives.
> Le nombre de détenuEs atteignait 56 835 au 1er juillet. La surpopulation
> carcérale explose, ce qui n¹est guère étonnant, étant donné que le
> gouvernement n¹a que l¹incarcération comme seule solution à proposer aux
> précaires, aux prostituéEs, aux étrangEres et aux usagEres de drogues.
>
> Il y a deux ans, deux rapports parlementaires ("Prisons : une
humiliation
> pour la République") approuvés à l¹unanimité par les députéEs et
sénatRices,
> de droite comme de gauche, s¹alarmaient des conditions de vie carcérale,
> déclaraient incompatible le fait d¹avoir une pathologie grave et de
vivre en
> détention, et recommandaient de vider les prisons des personnes malades,
> mais aussi des sans-papiers et des usagEres de drogues.
>
> Deux ans plus tard, Nicolas Sarkozy et Dominique Perben font exploser la
> surpopulation carcérale. Ils construisent de nouvelles prisons pour
mieux
> les remplir de tous ceux qui les gênent, sans aucun égard pour leur vie
et
> leur santé.
>
> La répression contre la santé
>
> La santé est incompatible avec la répression. La droite le sait, et agit
en
> connaissance de cause. Elle prend ces mesures répressives avec la pleine
> conscience de leurs conséquences sur nos vies et sur la santé publique.
Mais
> la santé n¹est pas l¹affaire de ce gouvernement.
>
> Le silence du Ministre de la Santé est à cet égard éloquent. Depuis 6
mois,
> on n¹a jamais entendu Jean-François Mattéi sur les questions de la
> précarité, des drogues, de la prostitution, des prisons ou de
l¹immigration,
> comme si la santé n¹avait rien à voir avec ces sujets. Sur tous ces
sujets,
> Act up-Paris l¹a sollicité, n¹obtenant qu¹un silence qui révèle son
> incompétence. Les débats sur la santé, les droits, les politiques, tout
ce
> dont nos vies dépend, tout cela a été réquisitionné par les Chirac,
Perben
> et Sarkozy, avec pour seule visée d'entretenir l'hystérie sécuritaire.
>
> Le Pen a gagné les élections
>
> La majorité actuelle, la droite " républicaine " de l¹UMP, a été élue
pour
> faire barrage au Front National. Depuis 8 mois, elle ne cesse de faire
le
> jeu du FN, pour mieux séduire ses électeurs :
>
> - Nicolas Sarkozy a qualifié de " droits-de-l¹hommiste " ceux qui
> s¹opposaient à sa politique. Il s¹agit là d¹un terme fréquemment utilisé
par
> Le Pen et que l¹on peut par ailleurs retrouver dans les écrits d¹Unité
> Radicale, le groupuscule d¹extrême droite dissous l¹été dernier.
> - Dominique Perben, ministre de la Justice, vient de se prononcer pour
un
> dépistage obligatoire des personnes suspectées de viol : depuis 10 ans,
> aucun responsable politique, mis à part Le Pen, n¹avait osé criminalisé
la
> séropositivité et proposé ce genre de mesures.
> - Pierre Lellouche, député UMP, affirme dans Le Parisien du 16
septembre, à
> propos de l¹ouverture d¹un centre d¹accueil pour SDF : " Rien ne nous
> garantit que ce ne soient pas des drogués, des immigrés, ou des malades
du
> sida ". Pierre Lellouche n¹a pas été exclu de l¹UMP, ce parti "
républicain
> ", pour avoir tenu de tels propos.
>
> Le 1er mai dernier, 1 million de personnes manifestaient leur opposition
à
> Le Pen. Le 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le sida, le
> gouvernement français se fendra sans doute d¹une communication
officielle
> pleine de compassion. Mais cette communication ne trompera personne :
entre
> la santé et la répression, Chirac, Raffarin, Sarkozy, Perben et Mattéi
ont
> choisi. Ils veulent nous réduire au silence, même si cela doit signifier
> notre mort. Le Pen a gagné les élections.
>
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