[Imc-paris] contribution a la politique editoriale en discussion

jjmeric at free.fr jjmeric at free.fr
Mer 18 Sep 07:47:03 PDT 2002


Lors de la réunion du 12, nous avons jeté les grandes lignes (4 points) de ce 
que pourrait être une déclaration de "politique editoriale", sur laquelle nous 
reviendrons plus en profondeur ce soir.
A mon sens il s'agit plutôt d'un "énoncé des buts".

mon grain de sel

1.	Encourager à s’exprimer,– pas de journalisme

Encouragés : témoignages, la vie telle qu’elle est vécue, les manifestations 
et les  luttes vues par ceux qui les mènent, les analyses réfléchies, les 
coups de cœur, les coups de gueule, les analyses critiques du traitement de 
l’information par les medias, la lutte sur les idées (pas sur les personnes), 
les appels à pétitions, à manifestation, à intervention, à réunion…
Découragés : les réactions de haine, les luttes intestines fratricides, les 
attaques visant à détruire les individus, les copies pures et simples 
d’articles publiés dans les médias
Nous sommes d’abord un « Appel à prendre la parole » à une époque où les 
jeunes ont le sentiment que « de toutes façons, notre parole n’a pas de 
poids » (cf. l’enquête sur l’engagement des jeunes : http://www.place-
publique.fr/obs/engagements.html )

2.	Eduquer – à l ‘écriture et à la lecture critiques [« Eduquer » ??]

Tout le monde peut s’exprimer, il suffit d’oser ; Apprendre à oser ; encourage 
ceux qui osent ; la difficulté à écrire correctement le français normalisé ne 
doit pas être un obstacle pourvu que la communication de l’idée ou du 
sentiment passe bien. L’écrit n’est pas le seul média, il y a aussi la voix 
(mettre en place un répondeur Indymedia ???), la video, l’image (dessin, 
photo, BD …). Respect des points éthiques : respect de l’anonymat si demandé 
(dont droit à son image) ; citer ses sources ; ne pas déformer les propos ou 
les citer hors contexte, …[à compléter]
La lecture critique sera d’autant plus efficace quand on se sera coltiné avec 
l’écriture.
Eviter à tout prix les truc et les tics du journalisme : sensationalisme ; 
trituration des titres, interview et sondages dirigés, reportages formattés 
voire bidonnés… [vague, à préciser]
Aux membres du collectif de faire le premier pas et d’expérimenter sur eux-
mêmes : présents dans les luttes, ils doivent doivent être à l’affût, appareil 
photo dans la poche, oreille grande ouverte (et micro), stylo ou caméra au 
poing.
Une source importante de travail est celui de la traduction, principalement 
pour faire circuler les meilleures infos qui existent sur le réseau Indymedia. 
Il n’y a pas qu’un « travail », qui demande d’ailleurs probablement une 
spécialisation particulière de l’organisation d’Indymedia, il y a aussi un 
travail d’éducation et de critique à faire sur la traduction et la circulation 
des concepts d’une langue à l’autre (ex : tolérance zéro importé des US).

3.	Etre accessible à tous et promouvoir l’accès de tous au réseau

Nous devons être une force à côté de tous ceux, toutes les associations qui 
travaillent à faciliter un accès libre à internet au plus grand nombre 
(http://www.uzine.net, http://www.web1901.org, http://lsijolie.net, 
http://www.april.org, etc. etc.) ;
Accès au plus grand nombre : on en est loin. Selon certains il y a en France 
28% de gens qui ont accès à Internet au moins une fois dans les 3 derniers 
mois.
http://www.nua.com/surveys/how_many_online/europe.html
en Finlande, 52% aux USA 59% (ces pays sont considérés « à saturation » !!! 
j’en doute un peu.). Voir aussi : 
http://www.nua.ie/surveys/index.cgi?f=VS&art_id=905358274&rel=true
C’est très peu et encore moins si on regarde par classe d’âge. Certains 
régions sont-elles plus favorisées que d’autre (Paris, Nice, mais Perpignan ?).
voir Citoyens en réseau : http://www.place-publique.fr/obs/initiative2.html
Nous voulons nous appuyer sur ce que nous pensons être la force d’internet : 
la publication à la portée de tous et universelle, immédiate, sans obstacle. 
Le respect de la correspondance privée… Il faut se battre sur tous les fronts 
pour que cela reste une réalité ! 
Voir aussi la déclaration d’Altern « IP Over Everything » : 
http://altern.org/alternb/NC.html
Le site doit refléter cette préoccupation, en particulier des faits comme
-	l’internet rapide est réservé à des privilégiés -> avoir des pages du 
site légères et rapides
-	l’email et le plus gros traffic sur internet : il devrait être 
possible de contribuer au fil d’actualité par e-mail (et par téléphone via 
répondeur)
-	privilégier les outils gratuits, par exemple le site doit être fait 
pour Mozilla plus que pour M$ Internet Explorer
-	accepter / utiliser le papier : avoir un magasine papier mensuel, 
distribuer des cartes postales dans les manifs et autres actions que les gens 
peuvent envoyer à une boîte aux lettres Indymedia…

4.	Carrefour des luttes anti-capitalistes, anti-mondialisation, ou pour 
une mondialisation alternative [cochez la bonne case]

Je ne pense pas que ce soit la peine de forcer l’image déjà forte d’Indymedia 
comme organisation militante anti-capitaliste. Les termes de la FAQ suffisent 
à mon avis amplement :
« Les médias officiels décrivent souvent ceux qui protestent contre les 
conférences et accords prétendument de “ libre-échange ” comme étant "anti-
mondialisation," sous prétexte qu’ils sont contre le processus de disparition 
des frontières nationales décrit par certains économistes pro-mondialisation, 
comme plus profitable à tous.
Ceci représente mal le mouvement international pour la justice sociale :
Certes, ce mouvement ne soutient pas le “libre échange ” des grandes 
puissances, mais le critique en ce qu’il vise à la circulation des 
marchandises et des services à travers les frontières nationales, et qu’il 
vise surtout à permettre aux entreprises de déplacer leurs usines dans les 
pays où elles peuvent payer des salaires dérisoires aux ouvriers .
Mais ce mouvement préconise un "commerce équitable" qui ouvre les frontières 
aux marchandises et aux gens afin de partager les ressources naturelles et les 
produits manufacturés de manière équitable, pour tous.
Aujourd’hui, ceux qui se battent pour la justice sociale, ne sont pas contre 
la mondialisation de la collectivité, de la justice et des ressources, ils 
protestent contre la mondialisation économique orchestrée par la minorité de 
ceux qui ont le pouvoir, mondialisation dont le résultat est que ce sont eux 
qui profitent du travail de la majorité de la population mondiale. Ils 
s’appellent parfois eux-mêmes, “activistes pour une mondialisation 
alternative", ou “ ceux qui sont contre une corporatisation croissante de la 
société et de la culture ”. »

Entreprendre un travail en commun avec les associations et organisations 
militantes n’a pas pour seul but d’établir des relations amicales sur la base 
de ‘anti-mondialisation, relations qui permettent d’ouvrir des perspectives et 
de mettre en commun des énergies et des ressources ; cette démarche n’a de 
sens que dans le cadre d’actions, de luttes, dont Indymedia est partie 
prenante à leurs côtés, avant, pendant, après.
Ces associations et organisations peuvent beaucoup nous apporter dans la 
mesure où ce sont aujourd’hui elles produisent et recueillent beaucoup de 
cette information qui ne sort pas ou peu, elles peuvent servir de relais pour 
faire remonter l’expression de leurs militants et des gens qu’ils croisent ; 
Nous pouvons leur apporter aussi et les faire progresser si nous arrivons à 
montrer le dynamisme de notre organisation en réseau, non hiérarchique, son 
utilisation du consensus dans la prise de décision, toutes choses 
malheureusement étrangères à pas mal de structures au fonctionnement 
traditionnel et hiérarchique ; bien sûr nous pouvons aussi plus simplement 
démontrer l’utilité incontournable du net pour coordonner les initiatives 
(Agenda d’Indymedia), faire circuler plus efficacement les pétitions…




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