[Imc-france-paris] REPERTOIRE des MENSONGES ET IDÉES REÇUES SUR LES PROFESSIONNELS DU SPECTACLE

Louis Bastin louis.bastin at wanadoo.fr
Mar 8 Juil 14:04:38 PDT 2003


REPERTOIRE des MENSONGES ET IDÉES REÇUES SUR LES PROFESSIONNELS DU SPECTACLE
(réf: Journal de 20 Heures sur TF1 / remerciements: collectif Culture en
Danger)

- IL EST FAUX de dire que la caisse d'assurance chômage de l'Unédic (1) est
déficitaire

- La caisse d'assurance chômage de l¹Unedic n'est pas déficitaire, mais bien
Bénéficiaire.( 37 millions de frs (2)). Cette erreur de calcul est commise
chaque jour par les médias parce qu'ils s'efforcent de distinguer les
cotisations des intermittents du spectacle de celles des permanents du
spectacle, alors que les cotisations de ces derniers sont absolument gérées
par la même caisse.

En effet, I'ensemble de la profession du spectacle réunit des professionnels
du spectacle qui sont salariés, soit en permanence, soit par intermittence.

Par exemple, JP. Foucault est un "permanent" du spectacle audiovisuel quand
F. Luchini, lui, est un "intermittent" du spectacle vivant. Les cotisations
qu'ils versent conjointement à  l¹Unédic équilibrent donc les indemnités
qu'ils percevraient s'ils étaient, on ne le leur souhaite évidemment pas, à
la recherche d'un emploi .

Ce fameux "trou" de l'Unédic est donc un mensonge que le gouvernement agite
pour nous culpabiliser.
Et différencier le cas (et les côtisations) des permanents et des
intermittents revient à remettre en cause le principe de solidarité au sein
même de la Caisse UNEDIC (et de la profession)


IL EST FAUX (ET DANGEUREUX) d'affirmer qu'il n'y a pas de raison pour que
l'ensemble des travailleurs paient pour notre statut.

C'est un principe de base de solidarité nationale. À ce compte-là
(prochaines étapes?), il n'y a pas de raisons pour que l'ensemble des
travailleurs côtisent au bénéfice des sidérurgistes sinistrés, il n'y a pas
de raisons pour que mon impôt aille aux subventions agricoles si je ne suis
pas paysan, il n'y a pas de raison pour que les personnes en bonne santé
paient pour les malades ?



IL EST FAUX de dire que nous ne travaillons "que 507 heures par an².
 
Nous travaillons toute l'année (couramment jusqu'à 60 heures par semaine et
plus), mais seules 507 heures de toutes nos heures de travail sont
rémunérées.
Ces heures payées couvrent une petite partie de notre travail. En effet:

- DANS LE SPECTACLE VIVANT, n'est le plus souvent payé que le temps que nous
passons sur scène, et non celui que nous passons hors de scène pour
inventer, organiser, apprendre, répéter, préparer puis vendre nos
spectacles.

- DANS L'AUDIOVISUEL, et particulièrement pour les réalisateurs, les temps
d'écriture, conception, réunion, repérage et démarchage sont rarement payés.

- D'UNE MANIÈRE GÉNÉRALE, il est d'usage que l'étroitesse des budgets, ou la
pratique des producteurs, nous imposent des contrats de type: "on peut te
payer (et déclarer) X jours (ou X semaines)", sachant pertinemment que la
durée total est bien supérieure, souvent double voire plus. Pratique
particulièrement fréquente chez les gros employeurs de l'audiovisuel ("on te
paye sur 15 jours, mais tu as les ASSEDIC"), premiers profiteurs du système

- DANS BEAUCOUP DE NOS MÉTIERS, l'usage, les contraintes et notre amour du
métier veulent qu'ON NE COMPTE PAS NOS HEURES, NI NOTRE TRAVAIL: les
journées de 12 à 18 heures sans heures sup' ni compensation (ni plainte de
notre part), sont fréquentes dans le théâtre et l'audiovisuel.

Nous travaillons donc en permanence, mais nous sommes payés par
intermittence.



- IL EST FAUX de dire que les intermittents "ne veulent pas qu'on remette en
cause leur statut"

Tous les intermittents du spectacle sont d'accord pour réformer ce statut
qu'ils jugent désuet et dont ils souhaitent corriger les évidents défauts.

En 2003, nos syndicats ont proposé au Medef un projet de réforme (³les
accords Feysac") qui valorise le travail, met un terme aux perversions du
système, rétablit l'équilibre des comptes et recherche l'harmonie et
l'équité entre tous.

C'est ce souci d'équité qui seul peut maintenir en France, comme dans nul
autre pays, une vie culturelle diverse et de qualité.




- IL EST FAUX de dire que ces nouveaux statuts sont le fruit d'une ³longue
concertation².

Ils sont le fruit d'un accord signé par le Médef et par trois organisations
syndicales (CFDT, CFTC, CGC) non représentatives de la profession. Si cet
accord avait été le fruit d'une concertation avec des syndicats
représentatifs (FO, CGT), il aurait été établi sur la base des propositions
des ³accords Feysac" que défendent ces syndicats. Bien avant leur signature,
l'essentiel du contenu de ces accords et des intentions du MEDEF étaient
connus de tous

Le Medef n'a pas voulu de ces "accords Feysac" pour trois raisons très
concrêtes:

- Contrairement au Médef, ces accords ne défendent pas les intéréts des gros
industriels du spectacle (TF1, M6...) qui précisément font fortune grâce à
des spectacles de moralité très douteuse (Loft Story, Qui veut gagner des
millions... ). Le Médef, a donc intérêt à ce que le spectacle et le cinéma
de qualité meurent et fasse place nette à la seule culture de divertissement
dont les artistes, par ailleurs, ne veulent pas nier l'importance.
- Ce sont précisément ces gros industriels (TF1...), qui abusent le plus du
système de l'intermittence et qui s'enrichissent sur le dos du contribuable
en faisant travailler de façon permanente du personnel audiovisuel très bien
rémunéré (80000f/semaine) qu'ils font déclarer sous le régime de
l'intermittence.
- Le véritable objectif du Médef, comme on l'aura compris, n'est pas de
combler le pseudo "trou" de l¹Unédic, (sinon il aurait accepté les accords
Feysac), mais de précariser les artistes, de les transformer en main d'¦uvre
docile et bon marché, et de neutraliser leurs habituelles réticences envers
les modèles de société policière.

Défendre notre statut c'est défendre vos droits à une culture de qualité, à
votre droit de parole.


IL EST FAUX de dire que notre statut est privilégié

Notre statut vient en compensation d'un état de précarité permanente
(rappelons que nos employeurs ont le privilège unique de pouvoir nous
employer en CDD répêtitifs sans aucune contrainte). Il représente un
dangereux exemple, à l'heure où les v¦ux du Patronat vont vers une
précarisation générale de tous nos emplois.


IL EST FAUX (ET DANGEUREUX) d'affirmer qu'il n'y a pas de raison pour que
l'ensemble des travailleurs paient pour notre statut.

C'est un principe de base de solidarité nationale. À ce compte-là
(prochaines étapes?), il n'y a pas de raisons pour que l'ensemble des
travailleurs côtisent au bénéfice des sidérurgistes sinistrés, il n'y a pas
de raisons pour que mon impôt aille aux subventions agricoles si je ne suis
pas paysan, il n'y a pas de raison pour qu eles personnes en bonne santé
paient pour les malades ?


IL EST FAUX de dire qu'avec ce nouveau projet de loi le statut de
"I'intermittence est sauvée².

D'une part l'indemnité journalière fixée auparavant à 31% descend à 19% ce
qui signifie la mort de 70% des intermittents.
Mais surtout, si l'on étudie dans le détail ces nouveaux  accords, on
s'apercoit assez vite que par un subtil jeu de calcul rétroactif, le délai
imparti pour réaliser ses 507 heures de "plateau" n'est pas comme il l'est
prétendu de 10 mois, mais de 8 seulement sans interruption possible.

Ce statut aligne donc simplement l'intermittence sur le régime précaire de
"I'intérim " (annexe 4) et des emplois CDD.


- IL EST FAUX de dire que la grève des professionnels du spectacle "prend le
public en otage".

- Ce n'est pas dans la gaieté mais dans la douleur qu'un musicien ou un
danseur décide de ne pas jouer ou de ne pas danser devant le public pour qui
il s'est longtemps entrainé. Public grâce à qui il peut vivre et partager
lui aussi des ³instants formidables". Quand un artiste décide de ne pas
jouer, c'est lui qu'il "prive" en premier.

- La profession du spectacle est une profession libérale. Nos employeurs
sont privés. Par conséquent nos jours de grève ne nous sont pas rémunérés.
Beaucoup des artistes-techniciens qui font grève ces jours-ci seront
licenciés par leur employeur, ou bien faute d¹un nombre suffisant d¹heures
de plateau perdront leur statut d'intermittent.

Certains ont plus de cinquante ans, sont mariés, ont des enfants.



- IL EST FAUX de dire que le revenu moyen d'un intermittent est élevé
 
De tous les professionnels du spectacle qui travaillent et cotisent, seuls
40% d'entre eux profitent du système d'indemnisation. Leur nombre en France
n'est pas de 100 000, comme il a été prétendu, mais de 53 000
Parmi eux, 50% vivent en dessous du Smic (3).

(1) Institution qui gére la caisse d'assurance chômage de tous les
professionnels du spectacle et de l'audiovisuel, qu'ils soient permanents,
ou intermittents.
(2) Chiffres officiels de l'Unédic pour l'année 2001.
(3) Chiffres officiels de l'Unédic, 2003

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