[Imc-france-paris] Une visite a un prix Nobel
FARId
farid at no-log.org
Ven 6 Juin 05:59:46 PDT 2003
Bonjour,
Alors que la junte birmane use de toutes les vieilles ficelles pour redorer son blason,
rien n'y fait. Autant les manoeuvres avaient bien fonctionnes pour enliser le "dialogue"
entre l'opposante legitime, élue par le peuple en 1990, et le trio de generaux a la tete
du regime militaire en place depuis 1962. Autant aujourd'hui, les minces espoirs
s'evanouissent dans la confusion totale.
D'abord les justifications du SPDC : Les partisans d'Aung San Suu Kyi trop nombreux pour
l'accueillir a chacune de ses etapes auraient suscites les craintes et les reactions
hostiles de la population. D'un cote la junte reconnait que le convoi d'Aung San Suu Kyi
est un trouble et represente une menace pour la securite publique, et de l'autre les
manifestants hostiles a sa visite, manifestent "pacifiquement" et se retrouvent sous les
jets de pierres et les insultes des partisans de la NLD.
Si l'on regarde de plus pres la communication de la junte, on s'apercoit que le detail
ne manque pas pour enumerer les sorties et deplacements dans le pays depuis mai 2002 de
la Prix Nobel de la Paix : toutes ses sorties sont minutieusement descrites, a charge
bien entendu, pour demontrer qu'elle et la LND (son parti ayant remporte 82 % des sieges
aux elections de 1990) sont les responsables de cette agitation.
Pour exemple de cette contradiction fracassante dans les informations distillees par le
SPDC : selon les autorites, "tout est fait pour que le dialogue soit facilite", et pour
y arriver facilement, la junte "insiste pour qu'ASSK voit d'elle meme les progres
realise pour le developpement du pays" (l'inauguration et la visite des grands chantiers
est un des sports favoris des militaires birmans, d'ailleurs les informations televisees
ne sont que des compte rendus de ces visites...). Donc, la junte facilite tout, vraiment
au top de l'effort pour la democratie, au point d'avoir accorde des panneaux a
l'exterieur des bureaux de la LND... en revanche, elle est capable de trouver une
vingtaine de motif pour expliciter son refus d'accepter des panneaux d'information
ailleurs que sur ces facades, notamment dans les villes traversees par le convoi des
democrates.
Les contradictions du discours de la junte sont flagrantes lorsque celle ci declare
qu'Aung San Suu Kyi est hors de danger et qu'elle est protegee : Bien entendu, dans la
langue des dinosaures au pouvoir en Birmanie, cela veut dire que le pire lui est
peut-etre arrive. Alors la seule et unique maniere de faire taire cette rumeur
d'assassinat serait de montrer des images video de la Dame de Rangoun. Une fois de plus,
la junte pourrait sauver la face et prouverait qu'elle n'a pas peur des cameras. A
propos de moyens audiovisuels, la junte rapporte qu'au cours de l'echaufouree, un
videaste a ete pris a parti par les militants de la LND et son materiel casse. Tous les
sympathisants de la cause democratique en Birmanie savent combien il est difficile de
faire sortir des images de Birmanie, et la Junte a largement prouve, s'il le fallait,
que les images et le travail des journalistes independants etaient une atteinte grave a
l'intregrite de la Birmanie...
Analyse a chaud et personnelle :
Aung San Suu Kyi est gravement touchée, peut-etre morte, et la junte veut maquiller cet
assassinat. Le meilleure facon est d'etouffer l'affaire, et ils attendrons l'ete dans
les pays occidentaux pour que les opinions publiques soient aussi dociles et sourdes
qu'en 1988 pour reveler leur mouvelle forfaiture.
Quelque soit son etat de sante, le CICR, l'envoye special des Nations Unies, le Comite
Nobel, une representation diplomatique quelconque... bref, il y a plethore de temoins
potentiels pour confimer qu'elle n'est pas en danger.
Si tout va "bien", alors qu'elles sont les raisons de son isolement : une arrestation ?
Une assignation a residence ? Si tout va "bien" pourquoi ne pas degonfler la pression
internationale en montrant Aung San Suu Kyi (a grand renfort de publicite comme lors de
sa liberation en mai 2002).
Propositions :
Vendredi 6 juin 2003 a 11h : Conference de presse
Samedi 14 juin 2003 : Meeting de soutien aux democrates birmans : pour la liberation
d'Aung San Suu Kyi
Jeudi 19 juin 2003 : Manifestation publique a l'occasion de l'anniversaire d'Aung San
Suu Kyi.
Pour faire pression : Petition de la FIDH et creation d'un Comite pour la liberation
immediate a Aung San Suu Kyi.
A lire ci dessous :
1111 - Depeche AFP du 5 juin 2003 (Analyse)
2222 - Depeche AFP du 5 juin 2003 (Papier general)
3333 - Petition internet de la FIDH
4444 - Article publie dans Le Monde le 4 juin 2003
5555 - Edito de la Net'Hebdo N°30 d'Info Birmanie
6666 - Communique de presse commun FIDH, France Libertes, Info Birmanie, Amnesty
International
Bonne lecture.
FARId
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Reçu le 5/6/3 à 12 h. 17 :
La visite de l'émissaire de l'ONU, chance de "limiter la casse" pour Rangoun (ANALYSE)
BANGKOK, 5 juin (AFP) - Après l'effet désastreux qu'a eu dans le monde l'annonce d'une
nouvelle arrestation de l'opposante Aung San Suu Kyi et d'une implacable répression
contre son parti, la visite qu'entreprend vendredi l'émissaire
de l'ONU Razali Ismail apparaît comme une chance de "limiter la casse" pour
Rangoun.
En dépit des événements, l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU Kofi
Annan, a maintenu cette visite, la junte aussi. Il va demander à Rangoun de
voir Mme Suu Kyi, ainsi que tous les autres dirigeants de son parti, la Ligue
nationale pour la démocratie (LND), assignés à résidence.
Pour les analystes, Rangoun a une chance à saisir et au moins trois options
sont possibles pour cette mission à haut risque.
Si le gouvernement militaire autorise M. Razali à voir le prix Nobel de la
paix, il peut montrer une volonté de s'amender en commençant par fournir un
minimum d'informations et d'éclaircissements. Cette éventualité ne paraît possible
que si Mme Suu Kyi n'a pas été sérieusement blessée.
Si le gouvernement lui refuse une rencontre avec elle, M. Razali peut en
faire une question de principe et reprendre immédiatement l'avion. L'image du
régime birman, auquel l'arrestation de l'opposante a valu une avalanche de
protestations internationales, sera encore plus dégradée.
Enfin, si le gouvernement refuse sa requête et que M. Razali poursuit
néanmoins sa visite, c'est la crédibilité de ce dernier, et partant de l'ONU, qui
pourrait être sérieusement ébranlée.
Devant les événements dramatiques du week-end dernier, et le manque
d'informations sur les affrontements qui ont fait, selon la junte quatre morts, mais de
70 à 80 selon une source informée, M. Razali, lui-même maintenu dans le
brouillard le plus épais, aurait pu choisir d'annuler sa visite.
Mais, à l'ONU mercredi, Kofi Annan a décidé de l'envoyer. Cette option, plus
tactique, peut mettre les généraux au pied du mur. A condition que M. Razali
soit très ferme.
La visite de l'émissaire, prévue pour cinq jours, est sa 10è et plus
importante mission à Rangoun. Elle avait été acceptée par la junte il y a plusieurs
semaines, après quatre refus successifs. Un élément qui a probablement joué dans
la décision d'envoyer le Malaisien à Rangoun, malgré tout.
Jeudi, l'ONU "était toujours en train de chercher des éclaircissements" sur
la possibilité d'une rencontre avec Aung San Suu Kyi, a expliqué M. Razali à
l'AFP.
Personne, hormis les renseignements militaires qui la détiennent dans un camp
à 40 km de la capitale, n'a eu accès à Mme Suu Kyi, blessée lors des
affrontements entre ses partisans et des éléments du régime. Les requêtes déposées par
l'ONU comme par le Comité international de la Croix rouge (CICR) n'ont pas
abouti.
"Les gens ont besoin de savoir si elle a des hématomes ou si c'est plus
grave", dit un homme d'affaires birman, "les pressions (internationales) ne
cesseront pas tant qu'on ne saura rien de son état de santé".
Des sénateurs américains et des organisations de défense des droits de
l'homme ont appelé M. Razali à ne pas aller à Rangoun sans rencontrer Mme Suu Kyi,
qu'il voit habituellement à chaque visite.
"Je ne le vois pas venir ici et ne voir qu'un côté, il perdrait toute sa
crédibilité", a estimé aussi un diplomate à Rangoun.
Alors que les chances d'une rencontre semblaient minimes, l'homme d'affaires
soulignait toutefois qu'"il est encore possible qu'il la voie" car "parfois
les militaires peuvent surprendre".
Quelques analystes estimaient toutefois que M. Razali, même sans voir Suu
Kyi, devrait profiter de sa mission pour obtenir des éclaircissements sur les
intentions de la junte quant à l'ouverture d'un dialogue politique avec
l'opposition et passer encore le message sur la nécessaire démocratisation.
L'ONU "a pesé tous les arguments avant de prendre la décision de l'envoyer.
C'est bien malgré tout qu'il vienne, ça fait sept mois. Il est important qu'il
plaide" auprès des généraux, estimait un diplomate.
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Reçu le 5/6/3 à 9 h. 42 :
L'émissaire de l'ONU maintient sa visite et veut voir Aung San Suu Kyi
(PAPIER GENERAL)
RANGOUN, 5 juin (AFP) - L'émissaire de l'ONU Razali Ismail a maintenu sa
visite prévue à Rangoun où il doit se rendre vendredi et demandera à la junte de
voir l'opposante Aung San Suu Kyi, blessée dans des affrontements meurtriers et
détenue au secret depuis le week-end dernier.
Le diplomate malaisien a confirmé jeudi à l'AFP à Kuala Lumpur qu'il irait
bien à Rangoun en dépit des événements dramatiques du week-end dernier qui ont
aussi vu le placement en résidence surveillée de tous les autres membres
dirigeants du principal parti d'opposition, La Ligue nationale pour la démocratie
(LND), et la fermeture de toutes ses permanences.
Les Nations unies "cherchent toujours à établir si je serai autorisé à voir
Aung San Suu Kyi ou non", a expliqué M. Razali, "on m'a dit que cela pourrait
ne pas être possible mais nous leur avons adressé un appel pour qu'il me
laissent la voir".
Interrogé sur les informations en provenance de Rangoun selon lesquelles il
"exigerait" de rencontrer l'opposante et pourrait éventuellement repartir en
cas de refus, M. Razali s'est montré prudent, et diplomate.
"J'ai différentes options mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'aller
tambouriner à la porte et présenter des exigences. Nous devons leur parler de manière
raisonnable. De toute évidence, j'ai le droit de voir Aung San Suu Kyi parce
que je l'ai vue avant, quand elle était en résidence surveillée".
Une source informée à Rangoun a indiqué que M. Razali demanderait également
de voir les autres membres de la direction de la Ligue en résidence surveillée
et qui n'ont apparemment plus aucun contact avec l'extérieur, leurs lignes
téléphoniques ayant été coupées.
Mme Suu Kyi a été arrêtée après des violents affrontements entre ses
partisans et des éléments favorables à la junte dans le nord du pays où l'opposante
effectuait une longue tournée politique.
Ces affrontements ont fait quatre morts selon les autorités, mais "plutôt 70
à 80", selon cette source informée.
La décision d'envoyer M. Razali à Rangoun a été prise par le secrétaire
général de l'ONU Kofi Annan après des discussions sur la Birmanie mercredi à New
York.
Même si la Birmanie n'a donné "aucune indication" que l'émissaire de l'ONU
serait autorisé à voir Mme Suu Kyi, a ajouté cette source, "il ne faut jamais
rien exclure, même si les chances sont minimes".
"Il y a deux avions par jour" sur Bangkok, a ajouté cette source interrogée
sur l'éventualité que M. Razali ne reparte immédiatement en cas de refus.
Mme Suu Kyi se trouve dans un camp militaire à 40 km de Rangoun et a été
blessée au visage et à l'épaule vendredi dernier lors des heurts.
Le vice-ministre des Affaires étrangères Khin Maung Win avait laissé entendre
mardi, lors d'un briefing pour le corps diplomatique à Rangoun, que M. Razali
n'aurait pas la garantie de pouvoir rencontrer l'opposante, comme il le fait
à chacune de ses missions.
Le diplomate malaisien --dont ce sera la 10e mission à Rangoun-- a joué un
rôle-clé de "facilitateur de dialogue" dans l'ouverture de discussions
historiques fin 2000 entre les généraux et Mme Suu Kyi en vue d'une démocratisation.
Mais le dialogue politique qui devait s'ouvrir n'a toujours pas démarré et
les événements du week-end dernier ont encore gravement assombri l'avenir.
Au sixième jour de la détention au secret de Mme Suu Kyi, la junte n'avait
toujours pas révélé où se trouvait l'opposante et s'en tenait aux informations
selon lesquelles elle n'avait pas été blessée. La junte a attribué la
responsabilité des affrontements au comportement "antidémocratique" de la LND.
De nombreux Birmans avaient été informés des événements du week-end par les
radios étrangères.
Dans les administrations, les employés ont été avertis par leurs supérieurs
hiérarchiques de ne pas parler entre eux des "récents incidents".
Rangoun était calme et aucune mesure de sécurité supplémentaire n'avait
apparemment été prise jeudi.
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Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme
BIRMANIE
Violente vague de répression contre Aung San Suu Kyi et des militants de son parti :
la FIDH appelle à leur libération immédiate et lance une pétition
http://www.fidh.org/petition/birmanie/2003/index.html
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Aung San Suu Kyi blessée lors de violents affrontements en Birmanie
LEMONDE.FR | 04.06.03 | 09h50 . MIS A JOUR LE 04.06.03 | 12h36
La Prix Nobel de la paix a été blessée lors d'affrontements dans le nord du pays, qui
auraient fait de 70 à 80 morts.
La dirigeante de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi a été blessée lors de violents
affrontements, vendredi 30 mai, entre ses sympathisants et ceux de la junte a indiqué,
mercredi 4 juin, une source informée, qui contredit ainsi totalement la version
officielle. "Elle a été blessée par des fragments de vitres de sa voiture, au visage et
à l'épaule", a expliqué cette source, précisant que Mme Suu Kyi, qui n'a pas été vue en
public depuis, se trouve détenue "dans un camp militaire à 40 km de Rangoun". Les
blessures de l'opposante, Prix Nobel de la paix 1991, ne semblent pas mettre ses jours
en danger, "sinon elle ne serait pas dans un camp militaire" mais hospitalisée, a
poursuivi cette source.
Mardi, lors d'un point d'information face à des diplomates à Rangoun, le vice-ministre
des affaires étrangères, Khin Maung Win, avait assuré que M me Suu Kyi "va bien" et que
les informations selon lesquelles elle aurait été blessée sont fausses.
PLUSIEURS DIZAINES DE MORTS
La version officielle selon laquelle les violences avaient fait 4 morts et 50 blessés
dans le nord du pays "est complètement en dessous de la réalité", a poursuivi la source
informée. Le bilan est probablement bien plus proche des 70 à 80 morts, a poursuivi
cette source.
La dissidence avait indiqué ces derniers jours que des hommes déguisés en bonzes et
soutenus par des prisonniers sortis de leurs cellules et "recrutés" avec des promesses
d'amnistie avaient attaqué le convoi d'une dizaine de voitures dans lequel circulait Mme
Suu Kyi, qui effectuait une tournée politique dans le Nord.
Par ailleurs le sort de Tin Oo, vice-président septuagénaire de la LND (Ligue nationale
pour la démocratie, le parti de Mme Suu Kyi), qui accompagnait la Prix Nobel dans sa
tournée, suscitait de vives inquiétudes. "On n'a aucune nouvelle de lui, on ne sait pas
s'il est vivant ou mort, a déclaré la même source. Si l'on ne veut pas que la vérité
soit dévoilée, tout témoin direct est en danger."
PRISONS ET RÉSIDENCES SURVEILLÉES
Mme Suu Kyi, que la junte avait ramenée de force dimanche à Rangoun, a été apparemment
séparée des autres membres de la LND ramenés avec elle du nord du pays et qui étaient
internés à Insein, vaste prison de macabre réputation, dans les faubourgs de Rangoun.
"On peut se faire beaucoup de souci pour eux tous et pour elle, a indiqué cette source.
On peut la maintenir au secret des années." Tous les autres dirigeants de la LND ont été
placés en résidence surveillée au cours du week-end, et les permanences de la ligue ont
été fermées dans l'ensemble du pays.
Les universités, qui devaient rouvrir lundi pour le nouveau semestre, sont restées
fermées sur ordre du gouvernement dans la crainte de mouvements de protestation.
Mercredi, Rangoun était toujours calme.
L'émissaire de l'ONU, le Malaisien Razali Ismail, est attendu vendredi 6 juin en
Birmanie pour une dixième mission destinée à "faciliter le dialogue" entre la junte et
l'opposition en vue d'une démocratisation. Cette visite semblait compromise mercredi, la
junte ayant laissé entendre qu'elle laisserait venir le diplomate, mais sans lui
garantir une rencontre avec Mme Suu Kyi, qu'il voit à chacune de ses missions.
Avec AFP
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EDITO DE LA NET'HEBDO N°30 D'INFO BIRMANIE
Alors que l'on vient à peine de feter le treizième anniversaire des élections du 27 mai
1990, les militaires birmans viennent à nouveau de montrer leur absence totale de
volonté de voir un jour la Birmanie se tourner vers un régime démocratique en arrêtant à
nouveau Aung San Suu Kyi.
Mais penser que l'on vient d'assister à un énième épisode d'une histoire qui ne cesse de
se répéter serait largement sous estimer la gravité de ce qui vient de se passer. La
situation actuelle est très inquiétante, et nul ne peut dire ce que seront les prochains
jours, les prochaines semaines.
Pour comprendre les évènements récents, il faut reprendre le fil de ces six derniers
mois. Depuis l'automne dernier, jugeant que la pression de la communauté internationale,
qui avait permis la libération du prix Nobel de la paix, s'affaiblissait un peu, la
Birmanie et ses voisins ont commencé à durcir leur attitude face aux victimes et aux
opposants de la junte militaire. Depuis fin octobre, le commerce s'est accéléré entre la
Birmanie et le Bangladesh, l'Inde et la Thaïlande, pendant que les réfugiés birmans dans
ces pays voyaient l'attitude des autorités se durcir à leur encontre. Net Hebdo a
rapporté a plusieurs reprises la dégradation des conditions de vie des réfugiés birmans
sur les frontières des pays précédemment cités. Dans le même temps, les provocations et
les entraves mises par les militaires à la libre circulation d'Aung San Suu Kyi se
multipliaient. A tel point qu'il y a un mois, celle-ci décidait de durcir le ton face à
une junte qui ne semblait en rien souhaiter aboutir à quoi que ce soit dans les
négociations que la communauté internationale lui avait imposé. Depuis lors, les
militaires n'ont eu de cesse, à travers l'USDA, parti-milice à leurs ordres ( et
apparemment " renforcée " récemment de prisonniers de droit commun sortis des prisons
pour accomplir la sale besogne), de bousculer le soutien populaire apporté à la Dame de
Rangoun.
Jusqu'à ce " vendredi noir ", comme le désignent déjà les démocrates en exil en
Thaïlande. Aung San Suu Kyi blessée et emprisonnée pour la première fois de l'histoire
birmane - elle n'avait jusqu'alors été " que " placée en résidence surveillée -, sans
doute deux cent morts, tous les responsables de la NLD en résidence surveillée, les
universités fermées, une échappe de plomb terrible posée sur l'ensemble du pays, le
tableau peut sembler assez noir en effet.
S'il est certain qu'il faudra attendre pour connaître toute la vérité et l'ampleur du
drame qui se joue actuellement en Birmanie, on peut d'ores et déjà en tirer quelques
enseignements. D'abord, ceux qui pensaient (malgré les nombreux avertissements, dont les
nôtres) que la situation etait en train de s'améliorer, reçoivent là un démenti
cinglant. Ensuite, la communauté internationale peut y voir une preuve évidente de l'
importance de la pression qu'elle peut exercer sur la junte. Enfin, il paraît aujourd'
hui très délicat pour les tenants de l'engagement constructif de défendre le bilan d'une
politique condamnée dés le départ par les démocrates birmans et tous ceux qui les
soutiennent, à commencer par Aung San Suu Kyi elle-même. Ceux qui ont réagi ces derniers
jours en condamnant l'arrestation du prix Nobel de la paix auront-ils le cynisme de
continuer à mener la politique qui l'a permis ? Le moment n'est pas opportun pour clamer
" qu'on l'avait bien dit ", ou pour désigner ceux qui collaborent, au sens qu'à ce mot
en France depuis un demi-siècle, avec la junte. Ce serait indécent, et l'urgence est
ailleurs. Mais comment ne pas voir que c'est le soutien financier apporté aux militaires
qui leur donne une telle force ?
Devant une situation encore difficile à appréhender, nous vous proposons une sélection d
'articles qui réunissent les informations dont on peut disposer à l'heure où ces lignes
sont écrites, et des analyses qui traduisent bien l'importance du moment que la Birmanie
est en train de vivre.
Mael Raynaud
Contact :
Info Birmanie
9, passage Dagorno 75020 PARIS
Tel/Fax : 01 44 93 93 57 info-birmanie at globenet.org
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Sauvage répression en Birmanie : Aung San Suu Kyi blessée ?
Les responsables de la FIDH, France Libertés, Info Birmanie et Amnesty International
vous invitent à une
Conférence de presse le vendredi 6 juin 2003, à 11h00
Au siège de la FIDH, 17 Passage de la Main d'Or, Paris 11ème
Mme Aung San Suu Kyi a été arretée le 30 mai 2003, alors qu'elle se trouvait en tournée
politique dans le nord du pays. Selon des sources concordantes, son convoi aurait été
attaqué par des membres de l'armée, de la police et de la sécurité en civil. Cette
attaque, visiblement planifiée, se serait soldée par la mort de 50 à 80 personnes, et la
disparition d'environ 150 personnes, pour la plupart des sympathisants de la LND ou de
simples civils, originaires des villes de Mandalay, Sagaing et Yenangyaung (nord du
pays), dont on ne sait s'ils ont été exécutés ou conduits dans des hôpitaux militaires
du SPDC. Un moine bouddhiste aurait par ailleurs été tué.
Lors de cette attaque, Mme Aung San Suu Kyi a été frappée à la tête et au bras et U Tin
Oo, vice-président de la LND, aurait été blessé par balles. Tous deux sont actuellement
détenus et auraient pu être transférés à la prison Insein de Rangoun. Personne n'a été
autorisé à les rencontrer depuis le début de leur détention, ce qui, en plus d'être non
conforme au droit international, ne fait qu'augmenter les craintes quant à leur état.
Les bureaux de la LND sont actuellement fermés, des membres du parti ont été placés en
résidence surveillée, et toutes les universités ont été fermées afin de couper court à
tout mouvement de protestation.
La FIDH, France Libertés Info-Birmanie et Amnesty International demandent la libération
immédiate et inconditionnelle d'Aung San Suu Kyi et des militants de son parti.
Contact presse : Gaël Grilhot - Daniel Békoutou : +33-1 43 55 25 18
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