[Imc-france-paris] H-CC-X-LSD
FARId
farid at no-log.org
Ven 2 Mai 04:31:03 PDT 2003
Bonjour,
Une nouvelle salve de nouvelles croustillantes.
Pour acceder aux informations en francais relative au cannabis medical :
ASSOCIATION INTERNATIONALE POUR LE CANNABIS MEDICALE /
http://www.acmed.org/home.htm
Pour s'abonner a la lettre d'information : http://www.acmed.org/french/home.htm
Point de vue sur le contenu :
Ed Rosenthal est un homme respectable aux Etats Unis qui distribue du cannabis
therapeutique a des patients, sous l'autorite de la loi californienne. La DEA mene une
lutte sans merci au niveau federal (et meme ailleurs dans le monde, comme en Thailande)
pour eradiquer le trafic. A 58 ans, Ed Rosenthal risque de finir sa vie en prison. La
"Sentence" sera prononcee en juin prochain.
En juin, la commission du Senat francais proposera une certain nombre de modifications a
la loi du 31 decembre 1970, Raffarin fera donc des arbitrage avant l'ete sur le theme
des drogues, avant l'ete, histoire de regonfler sa cote de popularite... En reprenant ci
dessous 5 articles du Figaro, vous essaierez comme moi de lire entre les lignes. Le
premier article est un cours de "legalisation controlee pour troisieme age". J'espere
que vous aussi vous aprecierez le ton collegien et l'analyse qui oppose la repression
(Prohibition) et la Legalisation ! (Le Figagaro conclut l'article avec une phrase dont
le sens est enigmatique : "Mais l'Europe se montre aujourd'hui aussi aveugle vis-à-vis
des réalités matérielles des drogues qu'hier vis-à-vis de celles du terrorisme. "). En
quoi la cecite europeenne a mene au desastre securitaire que l'on connait. Cet
aveuglement n'est-il pas celui de la France ?
L'article qui suit est nettement plus clair et concis : "Les héroïnomanes étant de moins
en moins nombreux, les textes de la loi de 1970 se révèlent souvent obsolètes."
Enfin, une petite interview d'un roquet droiturier de l'UMP, ou en autres portes deja
ouvertes, il trouve le moyen de placer quelques perles, types "Il faut donc rétablir des
valeurs" ou meilleur "Il faut remettre la société sur les rails" et pour finir sur une
note d'une fumisterie fumeuse "A l'inverse, dans les pays qui ont tenté la
dépénalisation, comme les Pays-Bas et l'Espagne, la consommation a fortement augmenté."
Ce mensonge est contrebalance par une interview de Jean Luc Benhamias qui a le merite de
vraiment poser le cadre du debat. Dommage que l'interview soit trop courte et qu'elle
debute par une note mensongere.
Dans ce que dit l'ancien secretaire national des Verts, je pense qu'il y a des points a
creuser, notamment sur la reponse a donner pour mieux lutter contre le crime organise et
mieux proteger les adolescents. Dans le but de rendre encore plus pertinentes les
propositions des Verts.
Enfin, j'ai longtemps hesite a coller l'article 7777. Deja parce que ce message est
surtout compose d'echo de la presse detenue par Dassault, a la "solde" du gouvernement
CRS. Aussi parce que les auteurs sont deux detestables personnages qui voient des demons
partout, et sont les artisans des discours securitaires, defenseurs du modele americain
type Giuliani ex - Maire de NY... bref ce texte n'a de valeur que parce qu'il releve les
realites d'un "anti-americanisme" (pleinement incarne par l'administration Bush) et
revele les fondements de l'hyprocrisie de politique americaine. Je note simplement qu'en
entamant leur contribution, Messieurs Raufer et Bauer avoue d'embler "La période récente
n'a guère été faste pour les commentateurs et les «experts»." Faste ? Too fast !
Enfin, l'ensemble de ces articles meriterait une lecture critique et des commentaires
afin de mieux decrypter les projets de modification de la Loi francaise sur les
stupefiants.
Alors, pour entamer le debat au niveau le plus direct, rendez-vous Place de la Bastille,
Samedi 3 mai 2003 de 14h a 19h.
Bien cordialement,
FARId - CAM-RD (Collectif Agir pour une meilleure Reglementation des Drogues)
Contact : 06 148 156 79 farid at no-log.org
PS : Pour info... Point presse a 11h le samedi 3 mai - Cafe "La Rotonde" Place de la
Bastille.
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1111 - IACM : Second appel à communications - 2e Conférence de l'IACM sur les
Cannabinoïdes en Médecine
2222 - Etats-Unis: Les jurés déclarent que le cultivateur de cannabis n'a pas eu un
procès équitable
3333 - Le Figaro : Les ravages de la drogue en France et en Europe. Répression ou
prohibition ?
4444 - Le Figaro : Une loi concue pour lutter contre l'heroine
5555 - Le Figaro : Rudy Salles (UMP) : «La loi est dépassée»
6666 - Le Figaro : L'ancien responsable Vert avait été poursuivi pour consommation de
cannabis (NB : Le titre est un mensonge...)
Jean-Luc Benhamias, ex-secrétaire général des Verts, milite pour la légalisation
contrôlée du cannabis
7777 - Le Figaro : CRIMINALITÉ L'Amérique contredit-elle les objectifs qu'elle dit
s'assigner ?
La politique de la terre brûlée
8888 - (Extrait) LIAfax N°17 - Bulletin de la Ligue Internationale Antiprohibitionniste
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http://www.acmed.org/Meeting/Cologne2003/home.htm
IACM: Second appel à communications - 2e Conférence de l'IACM sur les Cannabinoïdes en
Médecine
L'Association Internationale pour le Cannabis Médical, en coopération avec le
Département de Psychiatrie et de Psychothérapie, et le Département d'Anesthésiologie de
l'Université de Cologne invitent à une conférence sur le Cannabis et les Cannabinoïdes
en Médecine, du 11 au 13 septembre 2003 à Cologne, Allemagne.
Parmi les intervenants, Donald Abrams, Rudolf Brenneisen, Franjo Grotenhermen, Ester
Fride, Raphael Mechoulam, Rik Musty, William Notcutt, Ethan Russo, Willem Scholten, Jens
Wagner et bien d'autres.
Merci de soumettre vos abstracts à : info at cannabis-med.org.
Pour en savoir plus, consultez : www.Cologne2003.org.
Les participants dont les abstracts ont été acceptés seront logés gratuitement pendant
le congrès dans un hôtel quatre étoiles, près du lieu de la rencontre.
L'objectif est de rassembler des scientifiques, des cliniciens et des médecins pour
qu'ils partagent leurs connaissances et leur expérience. Nous aimerions également
inviter des usagers de cannabis médical à présenter leur expérience, lors d'ateliers sur
la neurologie et la douleur. Merci de nous contacter : info at cannabis-med.org.
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http://www.acmed.org/french/home.htm
Etats-Unis: Les jurés déclarent que le cultivateur de cannabis n'a pas eu un procès
équitable
"Dans un geste de solidarité inhabituel envers l'homme qu'ils ont déclaré coupable la
semaine dernière, cinq jurés du procès d'un défenseur de la marijuana médicale ont
publié des excuses publiques aujourd'hui et demandent que le juge lui accorde un nouveau
procès," écrivait le New York Times le 5 février.
Les jurés ont déclaré qu'ils n'étaient pas au courant que l'accusé, ED ROSENTHAL,
cultivait de la marijuana à des fins thérapeutiques, ce qui est autorisé depuis 1996 par
la loi de l'état de Californie, quand ils l'ont reconnu coupable de cultiver de la
drogue. Le juge chargé de cette affaire, Charles R. Breyer du Tribunal d'Instance
Fédéral, avait statué que ses avocats ne pouvaient pas expliquer pourquoi la drogue
était cultivée.
"Il est évident que nous avons conclu au mauvais verdict. C'est l'erreur la plus
terrible que j'ai jamais faite de toute ma vie," a déclaré dans une interview Marney
Craig, membre du jury. "Nous avons déclaré coupable un homme qui n'est pas un criminel.
Nous n'avions malheureusement aucune idée de qui il était ou de ce qu'il faisait. ED
ROSENTHAL n'a pas eu un procès équitable."
Dans un communiqué lu à l'extérieur du palais de justice fédéral, les cinq jurés ont
déclaré qu'ils n'auraient pas voté pour condamner ED ROSENTHAL s'ils avaient pu
considérer la loi de Californie. Le groupe a déclaré qu'il représentait les opinions
d'au moins deux autres personnes parmi les 12 membres du jury.
"Je suis vraiment reconnaissant aux jurés," a déclaré ROSENTHAL à l'agence Reuters.
"C'est très courageux de leur part de se prononcer et d'exprimer leurs opinions."
ROSENTHAL doit être condamné en juin et risque au minimum cinq ans de prison.
(Sources : New York Times du 5 février 2003, Reuters du 5 février 2003, Daily Telegraph
du 9 février 2003)
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http://www.lefigaro.fr/opinion/20030430.FIG0212.html
Les ravages de la drogue en France et en Europe
Répression ou prohibition ?
PAR BÉATRICE MAJNONI D'INTIGNANO *
[30 avril 2003]
Nicolas Sarkozy envisage de durcir la répression contre les drogues, surtout de
l'étendre du vendeur au consommateur. Le débat français sur cette question se déroule
toujours sur les plans moral, juridique et répressif. Interdiction d'en évoquer les
dimensions économique et mondiale. Or, là réside en grande partie la source du mal. Les
produits à risque (tabac, alcool, drogues) sont tous commercialisés par des entreprises
ou des mafias organisées, puissantes et internationales.
Selon le statut légal du produit à risque - illicite ou licite -, les producteurs et les
industriels adoptent deux stratégies économiques différentes pour inciter à les y goûter
puis à devenir dépendant. Et les pouvoirs publics, eux-mêmes, disposent de deux
politiques pour limiter l'accès et les effets néfastes des produits dangereux pour la
santé ou la sécurité.
1) Les produits illicites. Leur vente étant interdite comporte des risques : saisies,
amendes ou prison. Donc le volume vendu restera limité. L'importateur, le grossiste et
le vendeur touchent alors une «prime de risque» qui rend le produit cher et leur apporte
un revenu gigantesque comparé au salaire de l'ouvrier ou à l'allocation RMI de l'exclu.
Le dealer peut regarder avec commisération le smicard ! Cette différence constitue une
puissante incitation pour les jeunes en mal d'école ou de travail et un encouragement
pour les mafias qui les exploitent. Les revenus de la drogue nourrissent une bonne
partie des banlieues difficiles. Les saisies par la police, de plus en plus importantes,
témoignent de l'ampleur du trafic.
L'économiste Gary Becker a explicité les mécanismes de la prohibition. Pour rendre
solvable les consommateurs les dealers offrent des doses gratuites à l'adolescent, pour
attirer la proie, puis recrutent des adeptes, les poussant à en vendre eux-mêmes dans
les lycées et les rave parties. Le premier contact avec la drogue sera gratuit pour
initier un futur adepte et le rendre dépendant. Dépendant, il deviendra alors demandeur
alors qu'il ne peut financer sa dose ni de ses propres deniers ni par son travail.
Ainsi, chaque drogué se trouve-t-il incité à en recruter lui-même quelques autres pour
continuer à se droguer à un prix accessible. Un mécanisme de boule de neige classique en
économie s'enclenche alors.
Les rave parties sont devenues des supermarchés modernes de la drogue : qui les
organiserait sinon les vendeurs ? Au nom de la liberté de notre jeunesse, la société a
refusé tout contrôle. Le gouvernement précédent s'est attaqué au matériel musical,
symbole de culture et de liberté, sans remonter à la source. Quelle dérision ! Certains
abords des sorties de lycées en sont les commerces de détail. On y présente le fait de
se droguer comme un rite initiatique d'accès à l'âge adulte ou à l'hédonisme et
l'indépendance à l'égard des parents.
Le prix élevé des drogues mine aussi les pays producteurs : Bolivie ou Afghanistan. Les
débouchés offerts dans nos pays riches les poussent à produire en masse ces drogues,
plus rémunératrices que les classiques produits primaires ou industriels, aux prix
volatiles et qui baissent à long terme, dont vivent la plupart des pays en
développement. Le producteur de coke sera plus riche que celui de café, de blé ou de
jouets ! Lui engrange une partie de la «prime de risque». Le commerce international de
la drogue forme une économie souterraine estimée à 8% du commerce international, soit
autant que celui des automobiles.
2) Les produits licites. Les industriels inversent ici leur stratégie. Ils produisent en
masse pour réduire leurs coûts de production, tirant parti des économies d'échelle, puis
baissent leur prix de vente pour attirer le client. Exemples : le tabac et l'alcool, les
motos et les armes. Offerts à bas prix, ils attirent les adolescents (tabac) ou les
classes populaires (alcool en France, armes aux Etats-Unis), au pouvoir d'achat limité,
mais qui, devenus dépendants, formeront la clientèle future. Un ballon de rouge coûte
deux euros contre trois pour une orange pressée. Belle incitation à préférer l'alcool au
jus de fruit ! On offre à bas prix une cigarette ou une boisson alcoolisée forte entre
copains ! Altadis (l'ancienne Seita) séduit les jeunes en distribuant ses gadgets «Nuits
bleues» dans les soirées pour être à la mode. Un producteur de produits à risques, qui
tue, doit en effet toujours renouveler sa clientèle jeune pour compenser les décès des
plus âgés !
Que peuvent faire les gouvernements ? Ils limitent la diffusion de ces produits licites
en augmentant leur prix par des taxes fiscales. Ils contrent ainsi la stratégie du
producteur. Une politique qui présente deux avantages. Primo elle restreint la
consommation : depuis la loi Evin de 1991, la hausse forte et durable des prix, qui ont
augmenté de 80% en huit ans, a fait baisser d'un tiers la vente de cigarettes.
L'Angleterre applique cette politique depuis trente ans : les cigarettes y sont deux
fois plus chères qu'en France. Secundo les recettes fiscales augmentent : les taxes sur
le tabac ont doublé depuis 1990.
Toutefois, cette politique a aussi ses effets pervers. L'écart entre le prix à la
production et le prix de vente (70% en France) ou entre les pays (du simple au double
entre la France et le Royaume-Uni) incite au commerce parallèle et illégal des
cigarettes, pour échapper à l'impôt. Ainsi apparaît un gigantesque trafic de cigarettes
en Europe. Elles partent des pays de l'Est, des Balkans ou de paradis fiscaux comme
l'Andorre pour être vendues en Angleterre. Les cigarettes au noir atteindraient le quart
des ventes anglaises. Ce commerce est alimenté soit par les grands producteurs de
cigarettes soit par des producteurs mafieux. La France résiste mieux, (5% de la
consommation au noir) grâce au monopole de la distribution des cigarettes, bon rempart
contre ce trafic. Jusqu'à quand ?
L'Europe devra ouvrir les yeux : les prix ou les revenus peuvent inciter aux
comportements à risques. Le prix de vente et la stratégie commerciale diffèrent selon
qu'il s'agit de produits illicites ou licites. Diffusion sélective à prix dissuasif dans
le premier, production de masse et prix attractif dans le second cas. Quel paradoxe : le
prix contribue dans les deux cas, mais par des mécanismes différents, à augmenter la
clientèle !
Légaliser les drogues douces au moins et fournir les plus dures aux vrais accros
gratuitement dans un cadre médical diminuerait peut-être le prosélytisme auprès des
jeunes et tarirait les sources de revenus des mafias et des producteurs étrangers. La
vraie question est : vaut-il mieux compter sur l'éducation et la raison pour protéger un
petit nombre d'individus faibles qui prennent des risques de leur plein gré ? Ou laisser
toute une jeunesse à la merci de mafias incitées à faire fortune grâce à la prohibition
et continuer à corrompre les pays producteurs pauvres ? On ne trouvera aucune solution
sans tenir compte aussi des effets pervers des prix. La politique à l'égard des circuits
de vente parallèles et de la diffusion des drogues ne peut faire l'impasse de cette
dimension, en général occultée par les partisans comme par les opposants à
l'interdiction.
Bien sûr cette réflexion ne suggère aucune solution simple. Mais l'Europe se montre
aujourd'hui aussi aveugle vis-à-vis des réalités matérielles des drogues qu'hier
vis-à-vis de celles du terrorisme.
* Professeur d'économie à Paris XII et membre du Conseil d'analyse économique auprès du
premier ministre. Dernier ouvrage paru : Santé et économie en Europe, Que sais-je ?
2001.
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http://www.lefigaro.fr/france/20030414.FIG0010.html
Une loi conçue pour lutter contre l'héroïne
F. L.
[26 avril 2003]
A l'origine, la loi de 1970 contre les stupéfiants a été votée dans le but de contrer
l'augmentation de l'usage de l'héroïne. Pour inciter les toxicomanes à se soigner,
l'autorité judiciaire a prévu de remplacer la peine par une obligation de soins
(l'injonction thérapeutique). «Toute personne usant d'une façon illicite de substances
ou plantes classées comme stupéfiants est placée sous la surveillance de l'autorité
sanitaire», stipulent les textes. Le procureur de la République ou le juge peuvent donc
astreindre le toxicomane à un traitement médical et ils devront être tenus informés de
son déroulement et de ses résultats. Pour les récalcitrants, des sanctions très
dissuasives sont prévues. C'est pourquoi tout usager de drogue est passible aujourd'hui
de deux mois à deux ans de prison et de 3 750 euros d'amende.
L'article L. 627 prévoit même une peine d'emprisonnement de dix à vingt ans lorsque le
délit porte sur l'importation, la production, la fabrication ou l'exportation illicites
de substances ou de plantes.
La loi de 1970 a été légèrement modifiée à deux reprises.
En 1999, la circulaire Guigou a atténué l'application de la loi en recommandant aux
parquets d'être moins sévères à l'égard des consommateurs occasionnels et de privilégier
le soin.
Les héroïnomanes étant de moins en moins nombreux, les textes de la loi de 1970 se
révèlent souvent obsolètes.
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http://www.lefigaro.fr/france/20030415.FIG0079.html
Le député UMP veut inverser la tendance comme dans la sécurité routière
Rudy Salles : «La loi est dépassée»
Rudy Salles, député UMP des Alpes-Maritimes, s'est prononcé à de multiples reprises pour
l'application de sanctions contre les consommateurs de cannabis.
Propos recueillis par C. G.
[26 avril 2003]
LE FIGARO. - Pensez-vous, comme Nicolas Sarkozy, qu'il faille modifier la loi de 1970
pour sanctionner de manière adaptée les jeunes qui fument du haschich ?
Rudy SALLES. - Il est important de rétablir l'interdit. La loi de 1970, qui prévoit des
peines de prison pour les consommateurs, n'est pas appliquée, parce qu'elle est trop
sévère et dépassée. Elle a perdu sa valeur pédagogique: aujourd'hui, on tolère la
consommation, qui s'est ainsi banalisée. Les jeunes commencent à fumer sans même savoir
que c'est prohibé. Ils sont chaque jour plus nombreux, alors même que cette drogue, tout
comme l'alcool et les cigarettes, nuit à leur santé. Il faut donc rétablir des valeurs.
Est-il réaliste de substituer les peines de prison par des confiscations de scooter ou
des travaux d'intérêt général ?
Pour l'instant, nous ignorons les détails du plan Sarkozy et donc sa faisabilité. Mais
sur le fond, j'approuve cet affichage politique, qui rend l'application des lois plus
faciles. A condition, bien sûr, de donner les moyens aux policiers puis aux juges
d'assurer cette mission. Aujourd'hui, la justice des mineurs n'est pas prioritaire alors
qu'elle devrait jouer un rôle de prévention important.
Il faut remettre la société sur les rails. Certains disent que c'est une utopie. Je
donnerais juste l'exemple de la sécurité routière. En quelques mois, grâce à des
sanctions fortes, nous avons spectaculairement réduit le nombre d'accidents. Pendant des
années, on avait accepté comme une fatalité d'avoir un nombre de tués sur les routes
anormalement élevé.
Est-il plus efficace de sanctionner les vendeurs ou les consommateurs de cannabis ?
Il faut traquer les deux. Mais il est certain qu'en réprimant les consommateurs on
asséchera le marché des dealers. A l'inverse, dans les pays qui ont tenté la
dépénalisation, comme les Pays-Bas et l'Espagne, la consommation a fortement augmenté.
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http://www.lefigaro.fr/france/20030420.FIG0163.html
L'ancien responsable Vert avait été poursuivi pour consommation de cannabis
Jean-Luc Benhamias : «Pour la légalisation contrôlée»
Jean-Luc Benhamias, ex-secrétaire général des Verts, milite pour la légalisation
contrôlée du cannabis.
Propos recueillis par Cécilia Gabizon
[26 avril 2003]
LE FIGARO. - Pensez-vous, comme Nicolas Sarkozy, qu'il faille modifier la loi de 1970
pour sanctionner de manière adaptée les jeunes qui fument du haschisch.
Jean-Luc BENHAMIAS. - La loi de 1970 est obsolète: elle ne différencie même pas les
fumeurs de joints des drogués à l'héroïne. Par ailleurs, elle est très inégalement
appliquée puisque, dans certaines régions, des fumeurs de joints vont encore en prison.
C'est absurde. Il faut réformer la loi mais surtout mettre en place une vraie politique
de santé publique, d'information et de réduction des risques. C'est pourquoi nous, les
Verts, sommes favorables à la légalisation contrôlée du cannabis pour les plus de 18
ans. Les plus jeunes doivent eux être protégés et informés des conséquences s'ils fument
beaucoup de haschisch.
Est-il réaliste de substituer les peines de prison par des confiscations de scooters ou
des travaux d'intérêt général ?
Si des gamins de 14 ans fument toute la journée, ils ne doivent pas être sanctionnés
mais aidés. Soit médicalement, soit psychologiquement. Car cette surconsommation de
produits dopants indique un malaise. Mais elle ne concerne pas tant de jeunes que ce
qu'on nous annonce. Beaucoup sont des fumeurs très occasionnels qui doivent alors être
mieux informés. Enfin, si certains adolescents se droguent avant d'aller en cours, il
faut surtout chercher comment les intéresser au système éducatif.
Est-il plus efficace de sanctionner les vendeurs ou les consommateurs de haschisch ?
Ni l'un ni l'autre. On ne pourra pas sanctionner deux millions de consommateurs. Seule
la légalisation contrôlée fera disparaître l'économie parallèle et permettra un meilleur
contrôle des produits vendus en France. Dans les pays européens qui ont dépénalisé, la
consommation s'est stabilisée. Les adultes doivent savoir qu'ils se mettent en danger
lorsqu'ils abusent de médicaments, de vin, de cigarettes, d'amphétamines et de drogue.
Mais ils sont libres de décider.
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http://www.lefigaro.fr/opinion/20030430.FIG0213.html
CRIMINALITÉ L'Amérique contredit-elle les objectifs qu'elle dit s'assigner ?
La politique de la terre brûlée
PAR ALAIN BAUER ET XAVIER RAUFER *
[30 avril 2003]
La période récente n'a guère été faste pour les commentateurs et les «experts». La
gestion improbable du commentaire immédiat sur images tronquées donne rarement de bons
résultats. Pour autant, il semble désormais possible, avec prudence mais détermination,
de proposer quelques pistes pour ce long «après-guerre» qui ne fait que commencer. La
pratique agricole primitive nommée slash and burn (abattis et brûlis) est immédiatement
efficace : elle donne à la tribu sa récolte annuelle. Mais à long terme elle est
catastrophique : forêts et savanes anéanties, multiplication des déserts. Or depuis la
fin de la guerre froide - bien plus encore depuis les attentats de septembre 2001 - les
opérations «sécuritaires» extérieures des Etats-Unis (dans les Balkans, en Asie
centrale, au Moyen-Orient) tiennent toujours plus du slash and burn géopolitique et
planétaire.
Cette vision critique n'est pas politique, mais technique ; elle ne vise pas les fins du
projet américain, mais les voies et moyens pris pour les atteindre. Selon nous, en
effet, ces méthodes produisent déjà des effets négatifs sérieux en matière de terrorisme
et de crime organisé. Demain elles pourraient se révéler désastreuses particulièrement
pour l'Europe et le Proche-Orient. En matière de lutte antiterroriste, nul ne conteste
l'immense danger d'une possession d'armes dites «de destruction massive» (bien que le
terme soit mal défini et plus propagandiste que technique) par des fanatiques. De même,
l'éviction de Milosevic, des talibans et de Saddam Hussein est-elle dans l'absolu un
bien - d'abord pour les populations yougoslaves, afghanes et irakiennes. En revanche et
d'un point de vue criminologique concret, cette politique de la terre brûlée que mène
l'Amérique semble gravement contredire les objectifs mêmes qu'elle dit s'assigner :
guerre au terrorisme, guerre au crime, guerre à la drogue.
a.. Guerre au terrorisme. Derrière cette formule, un double impératif : neutraliser les
terroristes existants, tout en ne poussant pas, par ses actes mêmes, de nouveaux
volontaires dans la lutte armée. Le meilleur rappel historique est ici celui de Weimar.
Gagner une guerre n'est pas tout - et peut même être pire que tout - si ce qui suit
pousse une génération au désespoir, à la rancoeur, à l'effondrement intérieur. A
celle-là ne restent que le cynisme, la haine et, dans le pire des cas, le fanatisme
suicidaire. Beaucoup des intellectuels «néoconservateurs» entourant le président Bush
sont originaires de la Mitteleuropa ; ils devraient s'en souvenir. Or Weimar c'est
aujourd'hui Belgrade - l'assassinat récent du premier ministre Zoran Dzindzic en est
l'exemple.
Au Proche-Orient, et suite à l'affaire irakienne, règnent aussi la rage et la haine ;
pour l'avenir visible, les djihadi y sont les grands bénéficiaires de l'opération. Quel
progrès, dans ces conditions, dans la guerre au terrorisme ? Or le danger n'est pas
seulement terroriste, mais aussi criminel. Faire tomber des dictateurs ne doit pas
conduire à installer de facto des mafieux à leur place. Ainsi, démanteler la police
palestinienne sous couvert de lutte antiterroriste est-il dangereux, quoi qu'on pense
des relations incestueuses entre services publics et organisations terroristes dans les
territoires.
L'histoire montre que toute population non policée se criminalise - cette
criminalisation s'aggravant encore si elle touche une population dotée d'une importante
diaspora. Les exemples abondent. Nul ne gagnera rien à provoquer l'enracinement d'un
milieu criminel palestinien - en parfait accord pacifique avec les gangs israéliens (sur
ce terrain-là, nul besoin de pressions internationales pour établir des compromis
fructueux) - à l'échelle du Proche-Orient tout entier. Pire encore, et comme l'exemple
algérien le démontre, ce milieu criminel palestinien fournira à coup sûr aux islamistes
les plus radicaux filières, subsides et armes.
a.. Guerre au crime organisé. Dans sa lutte contre les organisations criminelles, les
Etats-Unis ont choisi, en Colombie par exemple, de passer du «containment» au
détournement. Délaissant peu à peu le marché lucratif mais toujours plus dangereux des
Etats-Unis, les narcos colombiens prennent ainsi, volens nolens, le chemin de l'Espagne,
première étape vers la prise de contrôle du marché européen. De leur côté, les
Albano-Kossovars continuent leur progression dans le contrôle effectif des réseaux de
prostitution en France, en remontant peu à peu le couloir rhodanien. Bientôt le marché
des stupéfiants ou des jeux clandestins suivra. Pour la première fois une véritable
mafia au sens structurel s'installera sur le territoire.
a.. Guerre à la drogue. Dans l'affaire du Kosovo justement, et de l'aveu même de hauts
responsables américains, la CIA a fait alliance avec des clans criminalisés kosovars,
qui contrôlent depuis lors le pouvoir réel entre Pristina, Tetovo et le nord de
l'Albanie. Résultat ? Les stu péfiants déferlent sur l'Europe. En 2002 et chaque mois,
disent les experts d'Interpol et de l'ONU, de 4 à 6 tonnes d'héroïne ont emprunté la
«route des Balkans». Ne prenons que le prix de gros (kilo et plus) qui seul enrichit les
mafias. Selon son origine et sa pureté, un kilo d'héroïne coûte de 50 000 à 100 000
dollars. Ainsi, mensuellement, les mafias des Balkans (notamment la turque et
l'albanaise) s'enrichissent-elles de 200 à 600 millions de dollars. Le très officiel
United States Institute of Peace (son président est nommé directement par la
Maison-Blanche) avoue dans son rapport n° 97 consacré à la criminalité balkanique, après
des années de déni forcené, que «ces entités criminelles (kosovares) ont joué un rôle
significatif dans le financement politique et militaire de l'UCK... Il se pourrait que
jusqu'à la moitié du budget de l'UCK ait eu pour origine l'argent de la drogue. Des
rapports font souvent état de l'implication d'anciens membres de l'UCK dans des trafics
de stupéfiants, d'armes et autres activités de contrebande... Les Etats-Unis n'ont nul
besoin de voyous comme amis.»
De fait, ni les Etats-Unis ni le reste du monde n'ont besoin de voyous ou de terroristes
comme amis. Le meilleur moyen pour y échapper consiste d'abord à ne pas les inventer
(comme Ben Laden) ; à ne pas leur mettre le pied à l'étrier (mafia albano-kosovare) ; à
ne pas les exporter chez les autres (narcos colombiens). Observons enfin qu'au-delà de
ses dommages innombrables, la récente guerre en Irak a montré comment des organisations
criminelles utilisaient des opérations militaires pour piller, incidemment, le
patrimoine archéologique.
Désormais, jusqu'au coeur du monde développé, les organisations criminelles prolifèrent,
profitant de l'attention détournée des Etats. Le temps est venu de réaliser que les
nouvelles «guerres» doivent prendre en compte la dimension criminelle. Faute de quoi
elles ne pourront qu'être perdues. Maintenant que le temps du commentaire immédiat
semble passé, il ne serait pas inutile d'analyser la réalité au-delà des images. Car nul
ne sait si les Européens participeront à la reconstruction de l'Irak. Mais personne ne
peut plus douter que, du Proche-Orient à l'Europe, les organisations criminelles
participeront au pillage des ressources disponibles. Sans aucun besoin d'une résolution
du Conseil de sécurité.
* Criminologues. Dernier ouvrage paru : La guerre ne fait que commencer (Lattès).
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LIA FAX N° 17
2918 21/04/2003
AMERIQUE / USA / CALIFORNIE
INITIATIVES
REUTERS
Un comté de la Californie et son maire ont décidé d'intenter un procès au gouvernement,
afin de consentir l'usage médical de la marijuana. Il s'agit du premier recours légal en
la matière présenté par un gouvernement local. Leur espoir est d'aboutir à un effet
boule de neige.
2912 22/04/2003
ASIE / ARABIE SAOUDITE
LOIS
THE TIMES
Un citoyen pakistanais, reconnu coupable de trafic d'héroïne, a été décapité en public
dans la capitale. Les autorités n'ont pas fourni de détails supplémentaires sur son
arrestation et son procès.
2919 19/04/2003
EUROPE / SUISSE
NEUE ZUERCHER Z.
Thomas Zeltner, responsable des services de la Santé, mais aussi responsable de la
délégation à la Conférence de Vienne sur les drogues, a répété que le gouvernement
suisse est persuadé avoir entrepris une bonne politique en matière de prévention des
risques et qu'il est disposé à fournir sa propre contribution à quiconque le lui
demandera.
2911 22/04/2003
EUROPE / RUSSIE
POLITIQUES
LA PRENSA
Le Kremlin a l'intention de modifier sa stratégie pour lutter contre les "barons" de
l'héroïne. La police ne poursuit à présent que les petits revendeurs et les toxicomanes,
tandis que les gros bonnets demeurent impunis, couverts par des fonctionnaires
corrompus, comme l'a expliqué Victor Cherkésov, président du "Comité de lutte contre le
trafic de stupéfiants".
2916 19/04/2003
U.E. / IRL
STATISTIQUES
IRISH EXAMINER
Au cours des 10 dernières années, le nombre de morts dues aux drogues a été multiplié
par dix. D'après Tony Geoghean, du Merchants Quay Ireland (une association no-profit),
ceci serait dû au manque d'informations en la matière et à la disponibilité réduite de
certains produits pharmaceutiques, tels que le Naxolone.
2917 18/04/2003
ASIE / PAKISTAN
WAR ON DRUGS
BBC
Les autorités pakistanaises ont entamé la destruction des champs de pavot dans une
région au nord du pays, près de la frontière afghane, se heurtant à une forte résistance
de la part de la population, pour qui ces cultures sont la seule source de revenus.
2913 19/04/2003
U.E. / P
WAR ON DRUGS
DIARIO DE NOTICIAS
Vitalino Canas, député socialiste, ancien ministre et ancien responsable des politiques
antidrogue au Portugal, s'est opposé aux lignes dures des conventions de l'Onu,
privilégiant au contraire la solution "européenne" de la prévention des risques.
2909 21/04/2003
AMERIQUE / MEXIQUE
WAR ON DRUGS
ASSOCIATED PRESS
Les paysans mexicains commencent à remplacer la culture de la marijuana par celle du
pavot somnifère. Les bandes locales importent les systèmes utilisés en Colombie pour ce
genre de drogues, y compris celui d'abattre les hélicoptères que la police emploie pour
les fumigations.
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